Algérie, Maroc : le torchon brûle !

Ce mercredi 18 août, le Président de la République algérienne a présidé un Haut Conseil de Sécurité suite aux incendies qui ont ravagé la Kabylie. La réunion se voulait aussi une réponse aux troubles et questionnements politiques nés de la gestion de la crise. Les débats dans le pays, par presse et réseaux sociaux  interposés, s’interrogent sur l’impréparation des autorités dans la gestion des incendies. L’incapacité à apporter une réponse efficace est mise à l’index. Par ailleurs, l’assassinat du jeune Djamal Bensmaïl par une foule devant un commissariat en Kabylie (voir notre article) continue de provoquer l’indignation. Elle soulève de nombreuses interrogations dans les partis d’opposition algériens sur l’attitude des forces de l’ordre.

Le Maroc pointé du doigt ainsi que deux organisations qualifiées de terroristes

Acculé, le pouvoir a répondu à travers le communiqué final du Haut Conseil de Sécurité. Celui-ci accuse très officiellement le Maroc et deux organisations qualifiées de terroristes: le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK) et le mouvement Rachad (proche du large mouvement démocratique et non-violent du Hirak). Pour rappel, le Roi du Maroc Mohamed VI avait, lors du dernier discours du Trône du 31 juillet, proposé l’assistance de sa flotte d’avions Canadair pour éteindre les incendies en Kabylie. Il avait essuyé une fin de non-recevoir.

L’Algérie revoit ses relations diplomatiques avec le Maroc

Cette escalade entre les deux grands pays du Maghreb central n’est pas née de la crise de cet été. L’actualité récente n’en est que l’amplificateur. Ces tensions s’inscrivent en réalité dans une histoire déjà longue et dans l’accélération provoquée par la reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. Au terme de la réunion du Haut Conseil de Sécurité d’hier, l’Algérie a décidé de « revoir ses relations avec le Maroc et d’intensifier les contrôles sécuritaires aux frontières à l’ouest« .

Rupture peu probable des relations diplomatiques

En langage diplomatique, il ne s’agit pas vraiment d’une réaction brutale. Certes, la situation est extrêmement tendue mais la  réponse d’hier est encore relativement mesurée et prudente. Fin juillet, le gouvernement algérien avait déjà procédé au rappel de son ambassadeur au Maroc pour consultation. Toutefois, malgré la nervosité persistante, nous sommes encore loin d’une rupture des relations diplomatiques entre les deux pays. Mais c’est une certitude: le torchon commence à se consumer dangereusement entre l’Algérie et le Maroc.

 

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