Au Mali, bavure des troupes françaises de l’Opération Barkhane

Le 30 mars dernier, la mission des Nations-Unies pour le Mali (MINUSMA), a rendu son rapport sur une frappe  très controversée de la force Barkhane dans la localité de Bounty, petit village au centre du Mali. Le rapport confirme la thèse de la bavure, la France la rejette.

Après une enquête de plusieurs semaines,  la MINUSMA détient des éléments qui confirment que c’est bien la célébration d’un mariage qui a rassemblé une centaine de civils le 3 janvier 2021  parmi lesquels se trouvaient cinq personnes armées, membres présumés de la Katiba Serma qui  n’est autre qu’une dangereuse organisation militaire et terroriste né 2017 pendant la guerre du Mali Si c’est bien trois des membres présumés de la Katiba Serma  qui ont été tuées par la Force Barkhane, c’est au total 22 personnes qui ont été assassinées ont des victimes civiles.

Du 4 janvier au 20 février 2021 la MINUSMA  a diligenté une mission spéciale, avec  le soutien de la police scientifique des Nations Unies.  C’est une équipe composée de quinze chargés des droits de l’homme, de deux experts de la police scientifique de l’ONU et de deux chargés de l’information publique qui ont effectué une enquête dans six villes maliennes : Bamako, Mopti, Sévaré, Douentza et Bounty.

« Au terme de l’enquête, la MINUSMA a pu confirmer dans un communiqué qu’il s’agissait bien  de « la tenue d’une célébration de mariage qui a rassemblé sur le lieu de la frappe, une centaine de civils parmi lesquels se trouvaient cinq personnes armées, membres présumés de la Katiba Serma ».

La France nie toutes les accusations.

De son côté, l’état français rejette le résultat du rapport de la MINUSMA en affirmant  que la frappe avait visé un « groupe armé terroriste formellement identifié comme tel et qui était constitué  d’une quarantaine d’hommes adultes dans une zone isolée». Le communiqué français réfute également la présence de femmes ou d’enfants dans la zone ciblée par Barkhane pendant les 90 minutes de l’assaut militaire. Et le communiqué de poursuivre que l’ensemble des éléments renseignés en temps réel  ont permis de caractériser et d’identifier formellement ce groupe comme appartenant à un groupe terroriste. Les Nations Unis rappellent dans leurs écrits livrés le 30 mars dernier que : « les civils sont des personnes protégées contre les attaques au regard du droit international humanitaire ». La frappe soulève donc des préoccupations importantes quant au respect des principes de la conduite des hostilités, notamment : « le principe de précaution dont l’obligation de faire tout ce qui est pratiquement possible pour vérifier que les cibles sont bien des objectifs militaires », estime la MINUSMA. Celle-ci recommande également aux autorités maliennes et françaises de mener « une enquête indépendante, crédible et transparente » afin d’étudier les circonstances de l’intervention française et le cas échéant, une réparation appropriée aux victimes et aux membres de leurs familles.

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