Aux Etats-Unis, les violences contre les asiatiques se multiplient; boucs émissaires de la pandémie de la Covid 19

Des centaines de personnes ont manifesté ce  samedi 27 mars à New York contre les violences racistes visant les communautés asiatiques. Des manifestations ont également eu lieu dans une soixantaine d’autres villes dont San Francisco, Los Angeles ou encore Chicago.

Avec la pandémie du coronavirus, la communauté américano-asiatique est devenue une cible facile pour les adaptes de la haine et du rejet de l’Autre aux Etats-Unis. Le summum de l’horreur aura été atteint le 16 mars dernier lors d’une fusillade à Atlanta faisant huit morts, dont six femmes asiatiques dans trois salons de massage.

Même si cette tuerie  n’a pas été officiellement qualifiée d’acte raciste, elle a pour conséquence  de renforcer la peur et la méfiance d’une communauté victime du sentiment antichinois dans nombre de grandes villes américaines. Certes,  l’homme de 21 ans, auteur des meurtres d’Atlanta, affirme ne pas avoir eu de mobile raciste mais c’est néanmoins à trois salons de massage asiatiques qu’il s’en est pris et six des huit victimes avaient des origines asiatiques. 

Selon Stop AAPI Hate (association américaine créée en 2020 pour faire face aux attaques racistes contre la communauté asiatique depuis l’apparition de la Covid 19), plus de 3800 actes de violence envers des Américano-asiatiques ont été listés durant l’année écoulée et 2800 rapports font état de haine directe contre ce groupe dans 47 États ainsi que dans la capitale Washington DC.

Une violence assumée

Dans le quartier chinois d’Oakland, la police locale a déclaré lors une conférence de presse qu’un homme avait violemment poussé trois personnes le 31 janvier, blessant un homme âgé de 91 ans, un autre de 60 ans et une femme de 55 ans.  Vichar Ratanapakdee à lui eu beaucoup moins de chance. Ce thaïlandais d’origine avait 84 ans lorsqu’il a été sauvagement attaqué par un jeune homme de 19 ans. Celui-ci l’a poussé  dans une rue de San Francisco. Dans la scène, filmée par une caméra de surveillance, on peut y voir la tête du malheureux heurter violemment le sol. Diffusée fin janvier sur les réseaux sociaux, la vidéo a scandalisé les internautes du monde entier. Dans les quartiers asiatiques des grandes villes américaines comme New York, San Francisco ou encore Chicago la police a dû renforcer sa présence pour garantir la sécurité des habitants visés par cette déferlante haineuse. 

Interrogée par nos confrères suisses sur le site « Le Temps », l’ anthropologue Lok Siu, professeure à Berkeley et spécialiste des diasporas asiatiques, livre son analyse. A la question de savoir si cette vague de violences est dû en partie au discours agressive de Donald Trump, elle répond :  « Je pense qu’une grande partie de la recrudescence d’actes violents en 2020 était liée à la rhétorique de l’ancien président Donald Trump, qui a parlé de «virus chinois» ou de «kung flu» (flu, pour grippe, ndlr). En accusant les «Chinois» d’être à l’origine de la pandémie du coronavirus, il a enflammé les sentiments antichinois et canalisé la peur et la rage contre les personnes d’apparence d’Asie de l’Est. »  Et Lok Siu ajoute également : « (..) Un an après le début de la pandémie, les gens ressentent un sentiment croissant de désespoir, de vulnérabilité et de colère, non seulement à cause de la perte de membres de leur famille ou d’amis, mais aussi à cause des conséquences économiques de la pandémie, comme la perte d’emploi, l’augmentation de l’endettement ou le manque de soutien significatif de l’État pour aider ceux qui sont dans le besoin. Il ne faut pas sous-estimer les effets émotionnels et psychologiques des traumatismes vécus. Tous ces facteurs créent une situation très volatile. Et il est plus facile de désigner un bouc émissaire et de diriger la colère et la rage contre un coupable facilement identifiable que de chercher à comprendre le problème dans toute sa complexité(..) »

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