En Ukraine, la jeunesse se mobilise. Par Clara Grégoire

Plus de quatre mois après l’invasion russe en Ukraine, le 24 février dernier,  8,4 millions d’Ukrainiens ont fui leur pays. D’autres, au contraire, ne se sont jamais résolus à partir. C’est le cas d’Alex, 24 ans. Comme lui, de nombreux jeunes en Ukraine se mobilisent depuis le début de l’invasion pour libérer le pays et venir en aide à ses citoyens.

Contre la guerre, la solidarité !

Alex réside à Kharkiv, au nord-est de l’Ukraine. Fraichement diplômé, ce jeune ingénieur travaille pour une entreprise informatique. Malgré les combats qui continuent de faire rage dans son pays, il se souvient de l’invasion mais aussi de la mobilisation des citoyens dès les premiers jours de la guerre, notamment de la part des plus jeunes.

Parmi ses amis à Kharkiv, nombreux sont ceux qui ont rejoint les forces armées. Le 24 février, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait annoncé la mobilisation militaire générale du pays. Une mesure qui concerne les citoyens soumis à la conscription militaire et les réservistes, et qui fut prolongée de trois mois le 22 mai dernier. Le gouvernement a également interdit à tous les hommes entre 18 et 60 ans de quitter le pays. L’objectif : sauver l’Ukraine, « laissée seule » face à l’offensive russe.

Ukraine,
 (Photo by Fiora Garenzi / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Alex, lui, est réserviste. Pour combattre aux côtés de l’armée ukrainienne, le jeune travailleur doit d’abord suivre une formation militaire. Alors, en attendant, il se mobilise différemment. Depuis des mois, Alex collecte des fonds pour son pays. Il récolte aussi de l’équipement militaire et médical, principalement à destination de ses amis qui ont rejoint l’armée. Autour de lui à Kharkiv, la majorité de ses proches participe d’une façon ou d’une autre à défendre leur pays.

« Certains jeunes cuisinent pour les militaires et les civils. J’ai aussi des amis qui évacuent des citoyens depuis des zones à risque, ou encore nettoient chaque jour les décombres à la suite des bombardements », explique Alex.

Sur internet aussi, la mobilisation est palpable. Si des jeunes du monde entier affichent leur soutien à l’Ukraine sur les réseaux sociaux, d’autres racontent la guerre de l’intérieur. C’est le cas de Valéria, alias @valerisssh sur TikTok. Aujourd’hui réfugiée en Italie, cette jeune femme a filmé durant des semaines son quotidien depuis la ville bombardée de Tchernihiv. Souvent avec dérision, elle montre les décombres, sa vie dans un abri souterrain, ses repas cuisinés avec sa mère. Mais elle partage aussi les moments plus difficiles, à l’image du décès de son frère, mort à la guerre. Son objectif principal ? Sensibiliser et informer ses 1,1 million de followers sur ce qu’il se passe dans son pays. Sous presque chaque vidéo, le hashtag #russiastopthewar nous rappelle que les combats continuent.

Chernihiv on June 27, 2022. ( The Yomiuri Shimbun ) (Photo by Kunihiko Miura / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun via AFP)

« Tout a changé depuis le début de la guerre »

Le quotidien de tous ces jeunes, qu’ils résident en Ukraine ou non, a été  bouleversé le 24 février. Et leur mentalité aussi. « Pour être honnête, tout a changé depuis le début de la guerre », explique Alex. « Boire une tasse de café ou flâner dans un parc devient synonyme d’une énorme joie pour chaque Ukrainien. De nombreuses infrastructures civiles ont été détruites, et plus aucune zone n’est sûre. C’est pour ça qu’aujourd’hui, on apprécie tout ce qu’on possède et on ne se plaint plus si le café est trop sucré ».

Selon Alex, la majorité des jeunes autour de lui perçoivent la guerre de la même façon. C’est parfois moins le cas entre les générations, notamment avec les personnes âgées. « Nombre d’entre elles ont grandi dans l’URSS, et ont été influencées par la propagande, précise Alex. Alors même si j’ai l’impression que la plupart comprennent la tragédie que nous traversons, certaines personnes âgées continuent de soutenir la Russie et Vladimir Poutine ».

Malgré cela, Alex est persuadé que l’Ukraine sortira victorieuse du conflit :« Les deux premières semaines, j’étais très inquiet. Puis j’ai vu la mobilisation, j’ai vu que tout le monde faisait de son mieux pour protéger notre pays. (…) À mes yeux, le gouvernement, l’armée et les citoyens ukrainiens sont tous héroïques. J’ai une totale confiance en eux pour nous libérer des occupants ».

Aujourd’hui, les frappes continuent, tandis que Moscou contrôle désormais toute la région de Lougansk. Malgré la guerre, des milliers d’Ukrainiens partis se réfugier à l’étranger rentrent chez eux chaque jour. Alex, lui, est persuadé d’une chose : il veut rester en Ukraine. « On a plein de choses à faire ici : reconstruire les maisons, les infrastructures, relancer les entreprises, et tout simplement continuer à vivre. J’ai encore de grands espoirs pour l’avenir de l’Ukraine. »

Propos recueillis par Clara Grégoire

 

 

 

 

 

 

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