Esclavage: Les excuses des Pays-Bas dans le discours de Noël du roi Willem-Alexander

Les traditionnels vœux de Noël, aucune nation de culture chrétienne n’y échappe. Un rituel auquel les monarques se plient avec plus ou moins d’inspiration et parfois de conviction. Ce 25 décembre, le roi des Pays-Bas, Willem-Alexander a, dans son discours de Noël,  évoqué les excuses présentées la semaine dernière par le gouvernement hollandais dans le rôle que le pays a tenu pendant les 250 ans d’esclavage.

Willem-Alexander a poursuivi en déclarant que cette initiative n’est que le « début d’un long chemin« . Personne ne porte aujourd’hui la responsabilité pour les actes inhumains qui ont été infligés à la vie d’hommes, de femmes et d’enfants« , a souligné le roi depuis son palais résidentiel Huis ten Bosch à La Haye.

La Traite négrière et l’esclavage dans l’Empire colonial néerlandais ont duré plusieurs siècles. Une exploitation humaine qui du servir aux colonies sucrières d’autres pays en amenant les Néerlandais à user eux aussi de l’esclavage dans leurs propres colonies des Amériques.

L’historien barbadien Hilary Beckles, fondateur de la Commission des réparations de la CARICOM (Communauté des Caraïbes) relève que :  « des Néerlandais ont dû fuir le Brésil entre 1641 et 1645 et ont donc contribué à créer dans l’île de la Barbade une forte croissance de la production de sucre et ainsi une nouvelle demande pour la traite négrière et l’esclavage ».  Si la Commission de réparation de la CARICOM œuvre à cette reconnaissance depuis sa création en 2013, le premier pas des Hollandais n’est pas que symbolique.  Le roi des Pays-Bas a ainsi ajouté : « affrontant honnêtement notre passé commun et en reconnaissant le crime contre l’humanité qu’est l’esclavage, nous jetons les bases d’un avenir commun. Un avenir dans lequel nous nous dresserons contre toutes les formes contemporaines de discriminations, d’exploitations et d’injustices ».

La volonté de cette reconnaissance n’a pas échappé au souverain que « Les excuses présentées par le gouvernement ne sont que le début d’un long chemin ». 

L’esclavage a participé au financement du « siècle d’or » des Pays-Bas. Ce fut une période de l’histoire qui participa à une grande prospérité, notamment par le biais des canaux maritimes aux XVIe et XVIIe siècles. Le pays aura procédé à la traite de quelque  600.000 Africains, essentiellement vers les Caraïbes et l’Amérique du Sud.

Mark Rutte, le Premier ministre néerlandais, avait présenté, lundi 19 décembre, des excuses officielles du gouvernement pour «le rôle de l’État néerlandais dans ‘esclavage». Il l’a qualifié de « crime contre l’humanité ».

Le choix de la date du 19 décembre n’a pas fait l’unanimité. Les organisations de commémoration de l’esclavage auraient espéré que ces excuses soient faites le 1er juillet 2023, date marquant les 150 ans de la fin de l’esclavage.

La Première ministre de Saint Martin,  Silveria Jacobs et le président du Suriname, Chan Santokhi ont, à la suite des excuses présentées par les Pays-Bas, évoqué le fait qu’il aurait mieux valu un dialogue plus constructif de la part des Pays-Bas dans le cadre de ces évocations.

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