Evénement : les 7 et 8 mars prochain se tiendra une Université Populaire des femmes migrantes à la Maison des Cultures de Molenbeek

 

Avec Avec Céline Galopin d’Article 27 et Sarah Kout du Piment ( Asbl d’éducation permanente molenbekoise) Caroline Safarian organise les 7 et 8 mars prochain une Université Populaire des Femmes Migrantes, première édition. Organisée à la Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale rue Mommaerts, l’initiative compte mettre en place des ponts entre les femmes migrantes et la population belge qui connait très mal le parcours du migrant et l’enfer qu’il traverse surtout lorsqu’il est une femme. Nous avons rencontré l’une des organisatrices, Caroline Safarian, elle nous parle très longuement.

 

DiverCite.be :Parlez -nous de cette initiative de l’Université Populaire des Femmes Migrantes en Belgique ?

Caroline Safarian : D’origine arménienne, de nationalité belgo-iranienne, ayant beaucoup travaillé les questions du racisme et des discriminations dans sa dimension universelle ainsi que celles des génocides, en tant qu’animatrice, mais aussi autrice de théâtre et metteuse en scène, sensible à la condition des femmes en migration, le « misérabilisme » souvent octroyé par l’Occident à la question des « réfugié.e.s » m’attriste beaucoup. En effet, il ne me parait pas représentatif de la richesse réelle que peut apporter l’immigration dans nos pays. C’est ainsi qu’avec ma Compagnie « La Compagnie du (droit au) chapitre » nous avons répondu à un appel à projets du Fonds Papillon (Fondation Roi Baudouin) pour pouvoir créer ce projet d’Université Populaire des Femmes Migrantes.

DiverCite.be : Quel est l’objectif de ce projet ?

Caroline Safarian : J’aimerais par la création de la première Université Populaire des Femmes « en migration », en Belgique, transformer autant que possible le regard qu’on pose sur ces femmes, mais aussi amener les femmes migrantes elles-mêmes à se sentir légitimes pour « (re)-penser » le monde avec nous. De plus, j’espère développer leur capacité de prise de parole, d’esprit critique et leur implication dans la société belge. Car ce projet est aussi bien sûr une manière de comprendre la structuration de notre société en Belgique. De plus souvent peu favorable aux migrant.e.s (peur, racisme, discriminations, lois rigides…), notre société inhibe parfois les formes d’émancipations possibles pour ces personnes. Mais ce projet me motive aussi, car aucune « université populaire » n’existait encore sous cette forme. Ainsi notre université sera un endroit et un moment de recherche, une sorte de laboratoire où tou.te.s ensembles nous réfléchirons, en toute égalité et fraternité, durant deux jours (le 7 et le 8 mars) à une thématique que les femmes migrantes ont elles-mêmes choisie.

Pour cette première édition, leur thème de prédilection est « La communication ».

Les femmes souhaitent que durant ces 2 jours nous revisitions ensemble ce thème vaste et prometteur et que nous réfléchissions à ce qu’est la communication aujourd’hui. Car si communiquer est une aptitude inhérente à l’être humain, son évolution fulgurante donne en effet à réfléchir. Nous échangeons en permanence des idées et des réflexions sur les réseaux sociaux, mais est-ce que pour autant nous communiquons mieux ou au contraire moins bien ? La communication dont les femmes souhaitent parler c’est aussi la communication interculturelle et non verbale… Pendant ces deux journées de réflexion, en plus des conférences données par des experts en communication et des tables rondes avec les femmes, des artistes seront invités à faire des ateliers autour de la communication par la musique, par le mouvement…

DiverCite.be : Pourquoi « Femmes migrantes » ?

Caroline Safarian : Les femmes qui migrent courent un risque systématiquement plus élevé que les hommes durant leur périple. De plus, actuellement dans le monde, de plus en plus de femmes migrent et une personne réfugiée sur deux  est une femme (48 % en 2018).

Trop souvent isolées (en raison des coûts élevés pour faire garder leurs enfants quand elles immigrent seules), cette initiative permettra, je l’espère, à ces femmes de (re)prendre confiance en elles et d’avoir un accès plus facile à la culture et à leur désir d’apprendre de nouveaux savoirs ou à partager les leurs. Ces femmes ont en effet souvent peu l’occasion de prendre part à des activités épanouissantes qui leur permettent de se construire dans la société qu’elles intègrent.

Les hommes n’ont évidemment pas été exclus du processus de construction pour cette première édition, mais ils sont là plus en soutien aux femmes, pour créer cette université.

DiverCite.be : Le déroulement de l’Université Populaire des Femmes Migrantes les 7 et 8 mars ?

Caroline Safarian : Le programme est créé par et pour un public qui n’a pas forcément fait d’études supérieures et qui, à tort, ne se sent pas pas légitime pour réfléchir sur le monde et le réinventer. Pourtant, il en a bien besoin ! L’université servira aussi à croiser nos savoirs.

Avec Céline Galopin d’Article 27 (ASBL) et Sarah Kout du Piment (ASBL), animatrices sur le projet, nous faisons en sorte qu’apprendre, évoluer, s’émanciper et partager soient les principales valeurs de ce projet.

 Evénement gratuit.

 Inscription nécessaire par SMS  0476.69.39.34

Adresse :  Maison Des Cultures et de la Cohésion sociale rue Mommaerts 4, 1080 Molenbeek. 

Horaire : 7 et 8 mars de 15H à 21H30.

Le programme complet ici

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