Face au « massacre » à Gaza, MSF déplore sa capacité limitée à aider

Le responsable de Médecins sans frontières (MSF) pour les territoires palestiniens a décrit la situation désastreuse, la qualifiant de « massacre » et déplorant la capacité limitée de l’organisation à aider.

Leo Cans a déclaré que depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas le 7 octobre, les hôpitaux et les ambulances ont été pris pour cible par l’armée israélienne, qui affirme que les combattants du Hamas utilisent ces installations comme boucliers.

Trois employés de MSF ont été tués dans la bande de Gaza par des frappes aériennes, ainsi que la fille d’un employé après qu’un bâtiment d’une ONG ait été touché par un obus en janvier dernier. L’organisation internationale compte environ 300 employés dans la bande de Gaza.

Entretien 

 Qu’avez-vous vu lors de votre dernière visite à Gaza ?

Leo Cans :  J’ai vu une majorité de femmes et d’enfants parmi les patients hospitalisés. C’est la première fois que nous voyons cela, même si nous avons travaillé avec mes collègues dans d’autres situations de guerre, en Afghanistan, en Syrie, au Soudan du Sud. Pour nous, c’est la preuve évidente que les bombardements sont aveugles. Il y a beaucoup de douleur dans les hôpitaux, les gens crient, disent qu’ils souffrent, et il y a très peu de moyens d’y faire face.

 Quelles sont vos revendications ?

Leo Cans : La première exigence est un cessez-le-feu immédiat, car en ce moment c’est un massacre. Selon une estimation prudente, environ 150 femmes et enfants sont tués chaque jour. C’est un chiffre qui devrait horrifier et alarmer l’ensemble de la communauté internationale. Beaucoup de morts sont «invisibles» car ils ne sont pas forcément comptabilisés dans les bombardements, mais ils meurent faute de soins essentiels. Ensuite, il y a les énormes difficultés liées à la sécurité. Aujourd’hui, nous ne pouvons pas évacuer les patients d’un hôpital à un autre en raison de la situation sécuritaire.

Il existe également un problème d’accès, l’armée israélienne bloquant presque systématiquement le déploiement de l’aide humanitaire au nord de la bande de Gaza. Je dirais qu’aujourd’hui, nous faisons peut-être 1 pour cent de ce que nous pourrions faire si nous n’avions pas ces limitations en termes de sécurité, d’accès et d’approvisionnement.

Les Nations Unies ont rapporté que le système de santé de Gaza s’est effondré. A quoi cela ressemble-t-il sur le terrain ?

Leo Cans : Depuis le début de la guerre, les établissements de santé ont été systématiquement attaqués, ce qui est sans précédent pour MSF. En temps de guerre, ces lieux sont toujours des zones sensibles et il y a toujours des incidents, mais là c’est systématique. Les établissements de santé ne traitent désormais que des urgences et parfois même n’y parviennent pas. Nous avons vu un patient blessé à l’hôpital Nasser (à Khan Yunis, la principale ville du sud de Gaza), arrivé pour une chirurgie orthopédique, et comme aucun chirurgien n’était présent, il est décédé. Il n’existe plus de traitement pour les patients atteints de cancer à Gaza, ce qui fait que ces personnes meurent à un rythme accéléré.

 

© Agence France-Presse

 

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