La folle mécanique de la confiscation du pouvoir au sein de l’EMB: interview exclusive (2/3)

Interview exclusive de Mohamed El Farhaui, membre de l’Exécutif des Musulmans de Belgique.

Propos recueillis par Malika MADI

Que reprochez-vous à l’EMB ?

MEF: Plusieurs choses, un manque de transparence totale sur les décisions prises au sein de l’Exécutif. Des décisions prises sans concertation ni l’approbation de l’ensemble des 17 membres. Depuis le début nous sommes écartés. Nous demandons que l’ensemble des journaux comptables de l’Asbl de gestion, “Collège de l’Exécutif des Musulmans de Belgique », soient mis à disposition des membres, que tous les contrats des personnes engagées au sein de l’Exécutif depuis 2014 et les marchés passés dans le cadre d’appels d’offres avec les coordonnées exactes de chaque prestataire.

Vous visez plus particulièrement l’ancien Président de l’EMB ?

MEF: Je n’ai pas peur de dire que certains, comme l’ancien Président, Monsieur Echallaoui,  avaient un agenda bien précis. Se placer à la tête de l’exécutif sans avoir été élu, prendre le pouvoir et surtout le garder. Mais l’objectif final, c’était la prise de contrôle de la Grande Mosquée. Certaines forces politiques, belges et étrangères, ont choisi le profil qui leur semblait le meilleur. Comment expliquer qu’en tant que citoyen résidant en Wallonie il ait pu se présenter comme membre bruxellois de l’EMB ?  Par une entourloupe: c’est une mosquée bruxelloise amie qui lui a permis de se présenter comme candidat alors qu’il réside en Wallonie. Je ne supporte pas ces passe-droits. Je suis démocrate et je regrette que certains de nos membres agissent comme dans une république bananière.

Quelle était la réaction des autres membres de l’Exécutif ? 

MEF: Dans cet Exécutif, il y a deux clans: ceux qui se sentent investis d’une responsabilité envers la communauté musulmane et ceux qui ont des ambitions purement personnelles. Et puis il y a le problème des alliances. L’ancienne équipe reposait sur une alliance entre les représentants d’origine turque et certains représentants d’origine marocaine. L’ancien Président Echallaoui, tout comme l’actuel, a toujours été soutenu par cette alliance. 

Des irrégularités ont-elles été commises ?

MEF: Depuis 2014 nous n’avons jamais approuvé un seul bilan. Nous pensons que des irrégularités ont été commises depuis 7 ans. On pense que Koen Geens, l’ancien Ministre de la Justice, était partiellement informé mais on se demande aussi comment il a pu vivre avec cela. Le sujet est vraiment sensible: regardez les débats que cela suscite dans les médias. 

Autre aberration lors d’une concertation avec le ministre en 2015, l’ancien Président Noureddine Smaïli, a dit: “J’ai échoué. Je n’ai pas pu réunir les membres de l’Exécutif. Je fais donc un pas de côté mais à condition que Salah Echallaoui prenne ma place”.  Mais a-t-il conscience du caractère anti-démocratique d’une telle démarche ? L’EMB représente près de 300 mosquées sur le sol belge et quelques membres jouent aux dictateurs.

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