L’Algérie et le Maroc : Un conflit de famille qui s’éternise

Salvador Dali, à la question de ce qui le différenciait de Pablo Picasso, répondait : « Picasso est espagnol, moi aussi. Picasso est un génie, moi aussi. Picasso est communiste, moi non plus. » L’histoire entre l’Algérie et le Maroc me rappelle cette phrase ambiguë, anathème et passion qui unissent et désunissent à la fois ce qui a été un jour terre unique et qui, aujourd’hui, se cristallise dans le déni de la communion qui fut.

L’Algérie et le Maroc, frontière commune, histoire commune, destin commun mais, entre les rapprochements et les éloignements, les réconciliations (timides) et les conflits (ouverts) ces querelles sont d’abord des différents que fomentent ceux aux manettes, dans la plus grande perplexité de ceux aux charbons.

Le peuple, qu’il soit celui qui partage la frontière immédiate entre les deux nations ou celui qui regarde depuis l’est ou l’ouest- selon le pays- ou le sud pour les deux, ne saisit qu’à demi-mot les intentions, les raisons, les démonstrations invoquées dans les sphères du pouvoir et cela depuis des décennies et la valse des dirigeants.

L’Algérie a donc fermé son espace aérien à tous les avions marocains le 22 septembre dernier.

Une crise qui nous interroge sur l’issue. le 24 août déjà, l’Algérie avait décidé, de manière unilatérale, une rupture de ses relations diplomatiques avec son voisin. Les humeurs se sont alors échauffées, les observateurs se sont mis à commenter et le chef de l’État algérien, Abdelmadjid Tebboune, d’affirmer que cette décision fut prise « au regard de la poursuite des provocations et pratiques hostiles du côté marocain ».  Sans autre précision ? Aucune !

Aux algériens de résoudre le rébus, à la population de faire appel à l’imagination pour se rendre de l’autre côté où vit parfois le reste de la famille, des amis proches, des collaborateurs de travail ou juste répondre à l’envie de découvrir les beautés des terres désunies.

Covid-19 ? Prétexte un temps…

Certes, les frontières aériennes étaient fermées depuis le 17 mars 2020 et le début du confinement mondial. Le 1er juin dernier, l’Algérie avait partiellement réouvert certaines lignes mais le Maroc en était exclu. Les algériens désirant se rendre Maroc sont donc obligés de transiter par des chemins de traverse, de prendre des raccourcis alambiqués, d’emprunter des routes invraisemblables qui conduisent à l’est ; Tunis pour se rendre à l’ouest ; le Maroc !

Sahara occidental un jour, Sahara occidental toujours…

Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, est formel « Rabat n’a jamais cessé de mener des actions hostiles à l’encontre de l’Algérie (…) Les services de sécurité et de la propagande marocains mènent une guerre ignoble contre l’Algérie, son peuple et ses dirigeants ». Actions hostiles ? « Ils » n’en diront pas plus, nous n’en saurons pas plus !

C’est vrai que là-bas, dans le Sahara Occidental il y a des plages, des bergers, des dunes et…  du phosphate ! Ajouté à cela l’immense possibilité des ressources liées à l’Atlantique, on comprends beaucoup mieux les enjeux !

Mais ce n’est pas  que cela. 1- L’Algérie ne digère pas la normalisation des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël. Ces petits accords de géopolitique c’est la contrepartie pour le Maroc du soutien de Washington ( sous l’administration de Donald Trump mais Biden ne reviendra pas sur cela) dans la reconnaissance de la « souveraineté » du Maroc sur cette bande côtière du Sahara occidental. 2- Quand Alger soutient de manière indéfectible, depuis son indépendance, la cause palestinienne, tout cela ajoute des tensions aux tensions.  3- L’Algérie soupçonne le Maroc et Israël de soutenir le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie et l’organisation islamo-conservatrice Rachad, estampillés  mouvements « terroristes » par l’Algérie.

Bref, l’histoire se répète, se calque ou s’articule sans innover. Elle se réactionne à défaut de se réinventer. Elle se réclame originale alors qu’elle n’est que redondance. Elle s’écrit ou se dicte par une poignée mais reste la plaie béante pour la majorité.

 

 

 

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