Le Premier ministre israélien déclare qu’il n’y aura pas de paix tant que le Hamas ne sera pas détruit

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a insisté sur le fait que la paix ne pourra être réalisée à Gaza que si le Hamas est détruit, le territoire démilitarisé et la société palestinienne « déradicalisée », après avoir averti que la guerre allait s’intensifier.

Ces déclarations interviennent alors que l’Organisation mondiale de la santé a rapporté lundi des récits « déchirants » de familles entières tuées lors des frappes de la veille de Noël dans un camp de réfugiés à Gaza.

Les frappes israéliennes incessantes ont dévasté le territoire palestinien et le conflit a exacerbé les tensions à travers le Moyen-Orient, avec une pression mondiale croissante en faveur d’un cessez-le-feu.

Mais dans un article d’opinion publié lundi soir dans le Wall Street Journal, Netanyahu a promis de maintenir le cap. « Le Hamas doit être détruit, Gaza doit être démilitarisée et la société palestinienne doit être déradicalisée. Ce sont les trois conditions préalables à la paix entre Israël et ses voisins palestiniens à Gaza », avant d’ajouter : « la démilitarisation nécessitera l’établissement d’une zone de sécurité temporaire sur le périmètre du territoire (…), Dans un avenir prévisible, Israël devra conserver la responsabilité primordiale en matière de sécurité à l’égard de Gaza ». Le 24 décembre dernier,  Netanyahu s’était rendu dans la Bande de Gaza et a déclaré lors d’une réunion de son parti après son retour : « Nous ne nous arrêtons pas. Nous intensifions les combats dans les prochains jours ».

Israël a juré d’écraser le Hamas et aujourd’hui ce n’est pas moins de 20 674 personnes, pour la plupart des femmes et des enfants, qui sont morts selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas à Gaza.

Lundi, certains habitants du camp de réfugiés d’Al-Maghazi sont retournés dans les ruines de leurs maisons après les frappes de la veille qui, selon le ministère de la Santé de Gaza, ont tué au moins 70 personnes. L’AFP, dont nous tenons ces sources, n’a pas pu vérifier de manière indépendante ce bilan.

Zeyad Awad, un habitant de Gaza, a déclaré qu’il n’y avait pas eu d’avertissement d’évacuation avant les frappes. « Que devons-nous faire ? Nous sommes des civils, vivant en paix et ne souhaitant que la sûreté et la sécurité. Et pourtant, nous sommes soudainement frappés par des avions de guerre israéliens, sans aucun avertissement.« 

Des milliers de morts et des dizaines de milliers de blessés. 

Le personnel de l’OMS a visité un hôpital traitant les victimes des frappes d’Al-Maghazi : « L’équipe a entendu des récits poignants partagés par des agents de santé et des victimes », a déclaré le chef de l’agence onusienne de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, sur les réseaux sociaux.

Sean Casey, coordinateur des équipes médicales d’urgence de l’OMS qui a rejoint la mission à l’hôpital, a décrit le sort d’un enfant de neuf ans soigné et qui devait mourir : « Il traversait la rue devant le refuge où réside sa famille et le bâtiment à côté de lui a explosé », a-t-il déclaré.

L’armée israélienne affirme qu’elle «réexaminait l’incident», ajoutant qu’elle était «attachée au droit international, notamment en prenant des mesures réalisables pour minimiser les dommages causés aux civils ».

En attendant, de vastes zones de Gaza sont en ruines et ses 2,4 millions d’habitants souffrent de graves pénuries d’eau, de nourriture, de carburant et de médicaments, atténuées uniquement par l’arrivée limitée de camions humanitaires. Saisissant des conteneurs vides, des dizaines de Gazaouis attendaient dans une rue de Rafah, au sud de Gaza, que de la nourriture soit distribuée. « Maintenant, il y a une vraie faim. Mes enfants meurent de faim », a déclaré l’une d’elles, Nour Ismail.

Selon l’ONU, environ 1,9 million de Gazaouis ont été déplacés, dont beaucoup ont fui vers le sud et se sont entassés dans des abris ou des tentes de fortune pendant le froid hivernal. « Un cessez-le-feu humanitaire à Gaza est la seule voie à suivre », a déclaré le chef de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi. Lors de la réunion du Likoud de lundi, Netanyahu s’est déclaré prêt à soutenir la migration volontaire des civils hors de la bande de Gaza, a rapporté le journal israélien Haaretz. Il aurait déclaré aux membres du parti que « notre problème n’est pas de savoir s’il faut autoriser une sortie, mais qu’il y aura des pays qui seront prêts à absorber une sortie ».

Le Hamas a rejeté toute discussion sur un tel plan, la qualifiant d’absurde. Les Palestiniens refusent d’être expulsés et déplacés. « Il ne peut y avoir d’exil et il n’y a pas d’autre choix que de rester sur notre terre », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Netanyahu s’est également adressé au Parlement lundi lors d’une session spéciale sur les 129 otages qui, selon Israël, restent à Gaza. Il a été hué par les familles qui attendaient le retour de leurs proches après 80 jours de captivité. Netanyahu a déclaré que les forces israéliennes avaient besoin de plus de temps pour accroître la pression militaire sur le Hamas, ce qui, selon lui, contribuerait à garantir la libération des captifs.

Le nombre de soldats israéliens tués à Gaza s’élève à 158, un porte-parole de l’armée ayant annoncé deux autres morts tôt ce mardi matin. Pendant ce temps, les craintes d’une escalade régionale n’ont fait qu’augmenter lundi. Le Corps des Gardiens de la révolution islamique iranien a déclaré qu’une frappe aérienne israélienne en Syrie avait tué Razi Moussavi, que les médias d’État ont décrit comme « l’un des conseillers les plus expérimentés » de la branche étrangère de la force militaire.

Il n’y a eu aucun commentaire immédiat de la part d’Israël, qui a intensifié ses frappes contre des cibles en Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas. Les rebelles Houthis du Yémen, également soutenus par l’Iran, ont tiré sur des cargos dans la mer Rouge, ce qui a conduit les États-Unis à constituer une force navale pour dissuader les frappes de missiles et de drones.

 

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