Maya R. « Si j’écris …#moiaussi » Un plaidoyer bouleversant contre la pédophilie, par Catherine Belkhodja

Un cri d’enfant et une écriture d’adulte…

Maya est née en 1957 et a passé son enfance et son adolescente en Algérie. Victime de plusieurs agressions sexuelles qu’elle n’osait pas dénoncer, une thérapie menée à bien lui a permis de se délivrer de ces secrets trop pesants et de retrouver une certaine sérénité. Elle écrit et dessine depuis toujours et vient de publier, en mars, dernier son premier livre : « Si j’écris …#moiaussi »  aux éditions Chèvre-feuille étoilée.

Pendant un an, entre 4 et 5 ans, l’auteure de ce récit fut agressée sexuellement par un homme de son entourage. Par peur, honte et sentiment de culpabilité, elle ne dit rien à ses parents mais dessine, puis très tôt, se confie à son journal intime.

Maya R. était trop petite pour dire avec les mots les agressions qu’elle ne comprenait pas. Alors elle dessinait… Quelques années plus tard, après l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, elle a pu poser des mots sur ce qu’elle avait du subir sans comprendre.

Les mots sont devenus des phrases puis des pages entières d’un carnet secret où elle tentait aussi de déchiffrer les premiers émois du cœur. Mais une honte très ancienne l’empêchait de nouer des rapports harmonieux avec les nouvelles personnes qu’elle rencontrait. Comme si elle n’avait pas le droit, ELLE, d’être aimée. Pourquoi se sentait -elle si honteuse ?

Ce n’est qu’à l’âge adulte, beaucoup plus tard, qu’elle a pu prendre le chemin d’une thérapie qui a été déterminante pour se retrouver, enfin après tant d’années, apaisée.

Devenue mère, elle se sent responsable des autres enfants, victimes d’ expériences traumatisantes. Elle se demande comment trouver la réparation juste pour ces enfants qui ne sont jamais assez protégés par les adultes: L’enfermement des petites filles ne résout rien.

La plupart du temps, c’est à l’intérieur de ces lieux clos qu’ont lieu les agressions des enfants.

A l’abri des regards des adultes, quand l’agresseur sait que personne ne pourra les surprendre. L’enfant menacé n’ose pas se plaindre, n’ose pas dire, de peur de perdre la vie… Et quelle peut être ensuite la vraie réparation ? L’argent ne suffira jamais à restructurer un être.

Maya émet des pistes pour une juste réparation de ces êtres fracassés en toute innocence.

Ce témoignage, illustré par les dessins d’enfants de l’ auteure, est d’une vérité si criante qu’on ne peut y rester insensible. Il nous insiste à la vigilance et nous rappelle que nul n’est à l’abri de ces prédateurs qui, la plupart du temps, ont eux mêmes été victimes d’autres prédateurs.

L’éducation sexuelle, quand elle est trop prématurée, peut aussi choquer une enfant. L’auteure explique que sa mère, voulant bien faire, a jugé utile de donner des cours d’éducation sexuelle de façon directe et un peu trop rapide. Cela, joint à l’interdiction formelle d’entrer dans la chambre des adultes, crée un malaise assez persistant concernant le mystère des jeux d’adultes.

On devine l’interdit, on perçoit une menace planant sur le défi de cet interdit.

L’enfant sait qu’il y a des secrets, des choses interdites dont on ne doit pas parler. Une menace sourde qui pèse sur l’éventuelle divulgation de ses secrets. l’enfant n’ose pas dire. Il craint d’être grondé. il craint d’être coupable. Le pire est que même en étant prévenue de ces dérives potentielles, en ayant elle-même été victime de prédateurs, elle ne peut pas protéger sa propre fille. Même si un pervers manipulateur s’introduit dans sa propre demeure.

Maya décrit bien ce processus qui pousse les enfants à se taire. Elle explique aussi la solitude de l’enfant livré à lui même, même si ses parents paraissent modernes et communicants. Il lui a fallu beaucoup de courage pour se délivrer de ces secrets pesants, de parvenir à les dépasser grâce à ce précieux témoignage.

Dans son livre, Maya élargit le cadre de ces agressions sexuelles, en fixe les limites juridiques.  

Les délais définis par la loi, qu’il s’agisse de viol ou d’agressions sexuelles ( en en donnant la définition exacte). Les cas touchants les mineures ou les majeures. Les circonstances aggravantes et les associations auxquelles on peut faire appel. Retenons cette phrase touchante « L’alchimie du véritable consentement est un des mystères de la vie. Bien peu en comprennent le prix. Bien peu se donnent la peine de le mériter »
MAYA R.  « Si j’écris…#moiaussi »    Editions du Chèvre-feuille étoilée   118 pages  20 euros

Quelques adresses d’associations centrées sur la pédophilie ou l’inceste :

En France : 

https://www.pedophilie-prevention.com/

hhtps://luttercontrelapedophilie.catholique.fr/

https://ange-bleu.com/fr/acceuil

https://laparolelibérée.org/

https://sos-inceste-grenoble.org/nous-contacter

En Belgique : 

https://www.briselesilence.be/aide-pratique

https://pro.guidesocial.be/associations/sosi.15463.html

SOS Inceste

 

 

N'hésitez pas à partager !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *