Mort de Mathis Bellon, 8 ans, dans un accident de moto lors d’une compétition en Italie

Mort de Mathis Bellon, 8 ans.  L’enfant et ses parents, originaires de l’ile de la Réunion, étaient arrivés en France au printemps dernier pour suivre la carrière de Mathis .

Ce n’est pas le moment de remettre en cause la responsabilité des parents, ce n’est pas le moment de porter un jugement sur le choix des adultes qui, conscients du danger, agréent le désir d’un enfant qui ne mesure pas les conséquences. À ce stade, soit 3 jours après la mort de Mathis Bellon, 8 ans, décédé à l’hôpital de Montpellier,  après avoir été gravement blessé dans une collision lors d’une course de moto du championnat italien de vitesse, sur le circuit de Motorland Aragon, nous sommes en droit de nous demander : Tout ça pour ça ?

Mathis, dit-on, était déjà un grand champion. Un phénomène dont on prédisait : « une brillante carrière »  à seulement 8 ans ! Mathis est donc mort heurté violemment par deux concurrents après sa chute lors de la course. Depuis une semaine, Mathis était plongé dans le coma. Son parrain dira dans une interview : c’était un grand champion jusqu’à la fin.  C’est à son image que l’on veut lui rendre hommage avec des obsèques aussi grandioses que le petit était. (…) Ce n’est la faute de personne. C’était la volonté du petit de faire de la course. On vit pour nos enfants, mais on ne peut pas décider de tout ».

Chacun pensera ce qu’il veut… 

Un enfant n’a conscience de la vie, de la mort, du danger, de la réussite ou de l’échec que de manière abstraite et confuse. Un adulte qui pratique un sport dangereux prend la pleine mesure du risque et intègre parfaitement l’idée que chaque fois qu’il s’élance il peut y laisser la vie. C’est cette profonde capacité qui est la sienne de mesure du risque qui lui offre la vacuité de gérer une course. Cette vacuité est inconnue d’un enfant. Un petit être dont on dit de lui qu’il est un « champion », un « brillant espoir », un « surdoué », « un prodige », « un garçon prometteur »… qu’elle mesure du risque peut-être la sienne lorsqu’il grimpe sur sa moto pour prouver aux  adultes qui ont sa responsabilité qu’ils ne se sont pas trompés sur lui ?

Des internautes expriment leur colère, la faute aux organisateurs des courses, aux fabricants de mini-motos, à tous ceux qui font de l’argent au détriment des petits. Le Figaro a contacté  l’école de pilotage de Fréjus où était inscrit l’enfant depuis le printemps dernier.  Voici ce qu’elle dit : « Il était une promesse de ce sport. Serait peut-être devenu une légende, tel un Sarron, un Gimbert, un De Puniet, un Quartararo, un Zarco pour ne citer que les pilotes français. Et son parrain Samuel Bellon de poursuivre : « « Il était le pilote le plus rapide que ses entraîneurs n’aient jamais vu ».

Toutes ces litanies répétées, ces encensements dont un enfant si jeune ne peut en mesurer la portée ne sont-ils pas un danger permanent pour un petit être qui n’aura pour objectif que de toujours faire mieux et plus pour ne pas décevoir les adultes ?

Il n’est évidemment pas question ici de remettre en cause le sport à pratiquer, dès le plus jeune âge, de déceler les talents dès les premières années ou d’organiser un environnement propice à l’épanouissement du don. Non, ce qu’il faut dénoncer et sans doute mieux encadrer et la manière dont les adultes projettent parfois leurs propres ambitions sur les épaules et dans l’imaginaire d’un enfant qui ne mesure pas encore et pas assez ce que cela implique en termes d’investissement et d’abnégation. Mathis est parti si vite pour avoir « joué » trop vite avec une moto. Ses parents ont fait don de ses organes. Un ange est mort !

 

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