Qui est Giorgia Meloni, cette « incondizionata » de Mussolini ?

Stendhal, au XIXe siècle, écrivait : «l’admission des femmes à l égalité parfaite serait la marque la plus sure de la civilisation et elles doubleraient les forces intellectuelles du genre humain».

Et si les hommes, depuis la nuit des temps, n’avaient qu’une image erronée et redondante de ce qu’est réellement une femme ? Et s’ils ne pouvaient la dissocier de celle de la Mère éternellement auréolée du reflet de l’empathie, de la douceur et de la bienveillance ? Non, il n’existe pas que des femmes altruistes et dénuées d’arrivisme ou dévote et mues que par le bien-être de son prochain. En Italie, le 25 septembre dernier, un cataclysme s’est abattu sur les droits individuels qui semblaient ne plus jamais être contestés dans une démocratie et le danger ne vient pas d’un homme, mais d’une femme.

Giorgia Meloni, née le 15 janvier 1977 à Rome, a grandi dans un milieu de la classe moyenne italienne. Son père était expert-comptable avant de quitter le foyer familial lorsqu’elle était enfant, pour aller vivre dans les iles Canaries. Dès l’âge de 15 ans, elle s’intéresse à la politique, révoltée par la mort, en Sicile, des deux juges antimafia : Giovanni Falcone et Paolo Borsellino. Militante de droite depuis ses années étudiantes, elle obtient le poste de responsable nationale de l’action étudiante du parti néo-fasciste l’Alliance nationale, fondé par Gianfranco Fini qui fut, début des années 2000, vice-président du Conseil des ministres sous les gouvernements de Berlusconi.

Georgia Meloni gravit les échelons et à 29 ans, nous sommes alors en 2006, elle obtient le poste de députée dans la région du Lazio. Sa route se poursuit avec succès lorsqu’elle devient vice-présidente de la Chambre des députés auprès de Fausto Bertinotti. À cette époque, elle est la plus jeune femme à ce poste.

L’Italie renouerait elle avec ses anciens démons ?

Son parti Fratelli d’Italia a donc remporté les élections législatives anticipées, avec 26% des suffrages. La coalition des droites, la ligue de Matteo Salvini et Forza Italia de Berlusconi obtiennent ainsi une majorité confortable au parlement avec 44%.

Sa victoire a été abondamment relayée dans le monde entier tant l’échiquier politique qui se dessine est inédit. Des mouvements féministes italiens s’inquiètent même si Giorgia affirme qu’elle ne touchera pas à la loi sur l’avortement.  Héritière idéologique de Mussolini, la gauche italienne craint le retour d’un nouveau fascisme. Séduisante, oratrice de talent, moins emportée et plus structurée que  Matteo Salvini, elle se dit « plus à droite » que lui.

«Je suis Giorgia, je suis une femme, je suis une mère, je suis Italienne, je suis chrétienne et vous ne me l’enlèverez pas».

C’est en 2019, à Vérone, que la potentielle future première ministre italienne avait prononcé cette phrase dans un congrès mondial ultraconservateur sur la famille traditionnelle. Aujourd’hui une grande majorité d’Italiens lui accorde leur confiance. Giorgia Meloni, selon toute vraisemblance, obtiendra le poste de présidente du Conseil et accèdera par la même occasion à celui de Premier ministre. Ce sera la première fois en Italie. Tolstoï, contemporain de Stendhal, avait lui aussi, en son temps, sublimé l’image de la probité des femmes en affirmant : « Femmes, c’est vous qui tenez entre vos mains le salut du monde »

 

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