Selon l’INSEE : « La diversité des origines et la mixité des unions progressent au fil des générations »

 

 (Photo by Michèle Constantini / AltoPress / PhotoAlto via AFP)

 

L’Institut national de la statistique et des études économiques françaises (l’INSEE) vient de publier un rapport très détaillé sur les pratiques d’unions mixtes.  La diversité des origines et la mixité au sein des couples progressent au fil des générations.

Pendant des décennies, et depuis l’arrivée des vagues migratoires post Seconde guerre mondiale, la question des unions mixtes a toujours été posée et, souvent, douloureusement posée. En Belgique, travailleurs espagnols, portugais, Polonais, Italiens, Grecs… sont arrivés souvent seuls, mais rarement célibataires. La question des mariages mixtes s’est donc surtout posée avec leurs enfants même si l’élan vers un ou une partenaire de la même origine a souvent porté les individus.

Avec l’arrivée des Marocains, des Algériens, des Turcs et, plus récemment, des Pakistanais, ce qui réfrénait les migrants européens à la mixité du couple ( les différences culturelles) devenait un veto franc et net pour pour les musulmans car il s’agissait là d’une différence religieuse, ce qui rendait l’union, aux yeux des parents, totalement irréalisable. D’ailleurs, nous connaissons tous les drames et les déchirements que cela a provoqués dans de nombreuses familles musulmanes.

Les générations se suivent et…

En 2022, si les mentalités ont changé, certaines restent enchevêtrées avec celles héritées des premières générations qui rejetaient sans concession, aucune, l’éventualité d’une mixité religieuse. Les adolescents et jeunes adultes des années 1970 et 1980, issus de l’immigration musulmane, étaient naturellement plus enclins aux différentes opportunités amoureuses.

Les années 1990, et de manière plus significative, celles des années 2000, ont vu le retour d’une certaine forme de conservatisme et un retour aux traditions qu’il faut sans doute imputer à la montée des fondamentalismes islamistes à travers le monde.

 

INTERRACIAL COUPLE
Mixed couple.
GODONG / BSIP (Photo by GODONG / BSIP / BSIP via AFP)

 

Pourtant, l’INSEE, organe officiel en France qui, depuis 1946, travaille sur les statistiques et les études économiques, a révélé en juillet dernier une étude complète sur la pratique des unions mixtes sur le territoire français et elle pourrait paraitre surprenante, même si l’étude porte sur toutes les diversités et non uniquement celle en lien avec l’immigration musulmane.

D’abord, les chiffres sur les proportions des personnes nées à l’étranger. On y apprend ainsi qu’en « 2019-2020, parmi les personnes vivant en logement ordinaire en France métropolitaine, 5,8 millions sont immigrés, soit 9 % de la population. Près de la moitié sont nées en Afrique et un tiers en Europe ».

Le pourcentage des Européens est en baisse, alors que les hommes et les femmes en provenance de l’Afrique subsaharienne et de l’Asie augmentent de plus en plus. L’INSEE révèle également que  7,5 millions de personnes  sont descendantes d’immigrés de 2e génération, ce qui représente 12 % de la population. Ce chiffre définit les personnes nées en France avec au moins un de leurs parents immigrés.

« L’ancienneté de l’immigration en France et l’élargissement des pays d’origine des immigrés depuis 50 ans ont façonné la diversité de la population française. »

Autre chiffre intéressant pour comprendre la dynamique du brassage ethnique en France, parmi les individus qui ont moins de 60 ans, il faut savoir que 4,7 millions sont descendantes d’immigrés de 3e  génération. Cela représente plus ou moins 10 % des moins de 60 ans.

Fait très intéressant également est la diversité des origines qui est la conséquence d’une mixité en progression des unions à chaque génération. Les chiffres de l’Institut nous apprennent que : « si 27 % des immigrés sont en couple avec un conjoint sans ascendance migratoire directe, c’est le cas de 66 % des descendants de 2e génération. À la 3e génération, neuf petits-enfants d’immigrés sur dix de moins de 60 ans n’ont qu’un ou deux grands-parents immigrés ».

Les temps changent, mais ce qu’il faut retenir au demeurant c’est, que l’on forme un couple mixte ou un couple monoculturel, l’essentiel est l’équilibre qu’il faut trouver en tirant de ses origines une force constructive et non un handicape insurmontable.

Le lien vers l’étude complète ici

 

 

 

 

 

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