Une jihadiste américaine, ex-cheffe de bataillon pour l’EI, sera fixée ce 1er novembre sur sa peine

Une juge fédérale doit prononcer ce mardi 1 novembre la peine d’une Américaine qui avait rejoint les rangs du groupe Etat islamique (EI) et s’était distinguée au point de décrocher le poste rare de cheffe d’un bataillon féminin.

Allison Fluke-Ekren, une mère de famille de 42 ans, a plaidé coupable en juin de « soutien matériel à une entreprise terroriste » et encourt 20 ans de prison. Entre 2012 et 2019, elle a soutenu des organisations jihadistes en Syrie, Irak et Libye, où elle « a lavé le cerveau de jeunes filles et les a entraînées à tuer », selon le procureur Raj Parekh.

« Elle a semé la terreur et plongé ses propres enfants dans un degré inconcevable de cruauté, fait d’abus physiques, psychologiques, émotionnels et sexuels », a-t-il ajouté dans un réquisitoire transmis à la juge Leonie Brinkema en amont de l’audience destinée à fixer la sentence.

Un de ses fils a prévu d’y assister. « Ma mère est un monstre sans amour pour ses enfants et ses actes sont inexcusables« , a-t-il déclaré selon des documents judiciaires. « Elle a le sang et la douleur de tous ses enfants sur les mains. »

En juin, Allison Fluke-Ekren a admis avoir fourni un entraînement militaire à plus de 100 femmes en Syrie. Elle a notamment reconnu avoir appris à ses comparses, dont certaines n’avaient que 10 ou 11 ans, à manier des fusils d’assaut ou des ceintures d’explosifs.

Appelé à la situer sur une échelle de radicalisation allant de un à dix, un témoin a estimé qu’elle « sortait de la grille » et méritait un « 11 ou 12« , selon le dossier d’accusation.

Rien pourtant ne semblait la destiner à un tel parcours.

Née Allison Brooks, elle grandit dans une ferme et a une scolarité sans histoire. Elle se marie dans une église méthodiste à la fin des années 1990. Devenue Mme Fluke, elle a deux enfants avant de divorcer. Elle se remarie rapidement avec un homme nommé Volkan Ekren et se convertit à l’islam. En 2008, la famille part s’installer en Egypte où elle entame sa dérive radicale.

Université et centre commercial.

En 2011, Allison Fluke-Ekren se rend en Libye avec mari et enfants. Selon le ministère américain de la Justice, son époux dérobe des documents après l’attaque du consulat américain de Benghazi, et elle l’aide à les analyser et à les résumer pour le compte d’Ansar al-Charia, un groupe jihadiste lié à al-Qaïda.

Ils rejoignent la Syrie vers 2012 où son époux devient sniper pour l’EI. Forte d’une connaissance des armes, acquise sur la ferme de ses parents, elle est chargée de former les autres femmes aux rudiments de l’usage des AK-47 et grenades.

Pour « venger » des enfants tués dans un bombardement, elle propose d’organiser un attentat dans une université américaine. Enceinte, elle renonce à ce projet. Un peu plus tard, elle fomente un nouveau plan: s’en prendre à un centre commercial aux Etats-Unis. Cette fois, son mari la dissuade de passer à l’acte.

En 2015, il meurt dans un bombardement. Dans les années suivantes, elle se remariera trois fois avec d’autres membres du groupe et aura quatre nouveaux enfants (soit onze au total).

Selon l’accusation, elle force aussi sa fille de treize ans à épouser un combattant de l’EI.

En parallèle, elle forme un bataillon féminin, « la Katiba Noussaïba », entré en action en février 2017 pour aider à défendre Raqa. Après la chute de la ville, elle demande à un témoin de dire à sa famille qu’elle est morte, afin d’éviter des poursuites judiciaires. Ce stratagème n’aura pas fonctionné. En janvier 2022, elle est rapatriée aux Etats-Unis.

Source :  Chris Lefkow

© Agence France-Presse

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