Guerre en Ukraine: sera-t-on sauvé par le gaz et le pétrole des pays arabes ?

Faire le plein d’essence à la pompe aujourd’hui fait frémir tant les euros défilent à une vitesse affolante au rythme des quelques dizaines de litres de gasoil nécessaires au réservoir. Les temps s’annoncent difficiles et pour les plus anciens ils pourraient nous rappeler le premier choc pétrolier de 1973 où il était interdit de conduire le week-end.

Catherine MacGregor, la présidente d’Engie, a confié ces derniers jours que l’augmentation des prix du gaz, selon elle inéluctable, sera « Un choc des prix sans précédent ».  Il n’échappe à personne que cette hausse est liée aux tensions internationales et à la guerre que les Russes mènent en Ukraine. Cette crise nous révèle combien nous sommes dépendants des pays étrangers au point qu’il fut évoqué un retour à l’extraction et l’exploitation du charbon.

L’Europe dépend des Russes, avec des variantes d’un pays à l’autre, mais on estime à 47 % la consommation de gaz russe au sein de l’UE. Si l’approvisionnement à court terme est garanti, il faudra impérativement se tourner vers d’autres pays et d’autres partenaires pour le moyen et long terme.

La Norvège a déjà fait savoir qu’elle ne pourrait augmenter sa production à brève échéance. Nos regards doivent alors se tourner vers le Sud avec des pays comme l’Algérie et plus globalement les pays du Golfe.

Abderrahmane MEBTOUL  professeur des Universités, économiste et expert international affirme qu’il faut être réaliste : « Il est à court terme utopique d’imaginer que l’Europe puisse substituer le gaz russe par celui d’autres partenaires ».

Avoir accepté de dépendre à ce point d’un seul fournisseur fut à la fois une solution de facilité et de commodité. Les trois plus grands producteurs sont les États-Unis, la Russie et l’Arabie Saoudite, la Russie nous étant géographiquement plus proche, le partenariat allait de soi.

Les plus grandes réserves mondiales de gaz traditionnel sont détenues par la Russie.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 45 000 milliards de mètres cubes gazeux pour la Russie,  35 000 pour l’Iran et un peu plus de 15 000 pour le Qatar. Les réserves de la Russie sont estimées à 6,4 %  de l’approvisionnement mondial en pétrole avec 17,3 % des réserves de gaz naturel. Le pays de Poutine se classe second producteur mondial de gaz après les États-Unis, mais premier au rang des pays exportateurs.

La Russie et son invasion de l’Ukraine ont suscité de profonds questionnements quant à la manière dont l’Europe devra gérer son avenir énergétique dans les prochains mois. Les 17 et 18 février dernier, les dirigeants de l’Union européenne et de l’Union africaine s’étaient réunis à Bruxelles à l’occasion du sixième sommet UE-UA. L’objectif ? Lancer les bases d’un nouveau partenariat. Outre le dossier concernant le projet chinois des « Routes de la Soie », l’Europe annonçait un investissement à la hauteur de 150 milliards d’Euros en Afrique d’ici à 2027. Une partie de cet investissement devra servir à la transition énergétique et à trouver la solution idoine à l’exploitation du gaz africain à destination de l’Europe.

En attendant, les dirigeants européens, dans l’urgence de la guerre, tentent des approches inédites. Jeudi 10 mars, à Versailles, les chefs d’Etats et de gouvernements européens se réunissent pour la première fois depuis le début de la guerre en Ukraine, l’énergie sera l’une de leurs principales discussions.

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