Lyrica, Rivotril … Que sont ces médicaments qui servent de drogues aux jeunes sans papiers ?

Les jeunes migrants venus du Maghreb ou d’ailleurs sont les premières victimes du trafic de médicaments que sont le Rivotril et le Lyrica. Deux antiépileptiques qui suscitent une addiction aux effets destructeurs. En Belgique, comme dans d’autres pays européens, c’est un trafic d’une très grande ampleur.

D’abord prescrit comme antiépileptique et anxiolytique; l’utilisation est détournée. A long terme, ces médicaments ont les mêmes effets que le cocaïne. Une dépendance qui peut conduire à la mort. Quant aux effets secondaires, ils sont particulièrement graves : insomnie, maux de tête, anxiété, nervosité, nausées, diarrhée, état grippal, douleurs, convulsions… Ce médicament peut accroitre le risque de  dépression et de comportement suicidaire et un surdosage peut conduire au coma.

De jeunes Maghrébins, illégaux, marginalisés,  férus de ces pilules qu’ils prennent en grande quantité.

On les appelle en arabe dialectal d’Afrique du Nord les «harragas» qui peut se traduire en Français par «ceux qui brûlent». Dans le langage courant, il s’agit de bruler les frontières pour arriver illégalement sur le continent européen. Quitter son pays, traverser dans l’illégalité des frontières infranchissables marquent son homme. Le pulvérise ou le marque à vie. Quand par dessus le marché la terre rêvée se révèle être un cauchemar, alors oui, il faut fuir et enfouir en soi. Le Lyrica ou le Rivotril, pris à haute dose et de manière régulière, désinhibe, fait planer, offre une une impression de surpuissance. C’est la drogue des petits, de ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter les substances « classiques ».

Les policiers l’affirment « Des jeunes migrants sont très souvent sous son emprise quand ils commettent des agressions »

« Lyrica ou «saroukh»  une drogue courue dans les pays du Maghreb »

Au Maroc et en Algérie c’est un véritable fléau. Au Maroc on évalue, pour la seule ville de Casablanca, un pourcentage allant de 40 % à 45 %  de jeunes entre 12 et 35 ans qui en seraient usagers[1] ».  Le médicament est aussi très consommé en Tunisie et en Algérie. En 2018, une saisie record de 250 000 capsules du Lyrica (appelé communément saroukh : la fusée) avait été faite par la brigade anti-drogue.

En Belgique, Lyrica ou la béquille des jeunes sans papiers

Bruxelles et la Belgique plus généralement n’échappent pas à cette calamité médicamenteuse. Elle court nos rues et « il suffit de tendre la main » dans certains quartiers pour faire passer le message. Les sans papiers mineurs ou jeunes majeurs qui dorment dans la rue, mangent peu, sont mal soignés et ne caressent aucun espoir d’une vie meilleure. Ils trouvent en ces antiépileptiques (très répandus et peu chers : entre 1 et 2 euro la pilule) la solution d’apaisement aux conditions épouvantables qu’ils connaissent.

A Liège, en novembre dernier, Houssine, un sans papier âgé de 22 ans, avait été arrêté en possession d’une importante quantité de cette cocaïne du pauvre et suspecté par la police de le dealer auprès de toxicomanes. Gare du Nord à Bruxelles, le trafic y est aussi très intense. Les consommateurs sont sans papiers mais les revendeurs, dans la grande majorité des cas, ce sont des « dealers d’un autre rang qui eux en ont bien, des papiers, et sont bien ancrés localement. Et qui profitent aussi d’une certaine vulnérabilité », observe le commissaire Laurent Deschrijver pour nos confrères du Soir.

 

[1] Stéphane Cardon, pharmacien et inspecteur de santé publique, en 2011.

 

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2 thoughts on “Lyrica, Rivotril … Que sont ces médicaments qui servent de drogues aux jeunes sans papiers ?

  1. personne n’est illégal..
    .c’est honteux de qualifier une personne humaine d’illégale .
    à la limite vous pouvez dire  » en séjour illégal ou sans séjour légal »

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