Rachida Dati, le retour !

Protégée de Nicolas Sarkozy qui la nomme garde des Sceaux en 2017, Rachida Dati, c’est le parcours atypique d’une femme qui a l’ambition chevillée au corps. La fille de M’Barek Dati, maçon d’origine marocaine arrivé en France en 1963, et de Fatima-Zohra d’origine algérienne, elle se bat dès l’adolescence pour sortir de sa condition de fille d’immigrés au parcours tout tracé. Aujourd’hui, Rachida Dati est exclue des Républicains pour avoir rejoint le gouvernement de Macron. Beaucoup la taxent d’arriviste et d’opportuniste mais rien ne semble atteindre celle qui dû trouver sa place parmi onze frères et sœurs dans un quartier populaire de Chalon-sur-Saone.

Rachida Dati on l’aime ou on la déteste, mais elle ne laisse personne indifférent. Profondément féministe, elle se bat depuis ses premières années d’adolescences contre sa condition de jeune fille issue de l’immigration qui la conduira à subir un mariage forcé en 1992 avant de demander le divorce 1 mois plus tard. Bosseuse, déterminée, volontariste… elle tire sa force dans sa capacité à déplacer des montagnes malgré les aigreurs et les animosités qu’elle suscite parfois. Baby-sitter, aide soignante… elle a fait tous les petits boulots avant de passer la porte d’un ministère pour la première fois alors que Sarkozy venait d’être élu Président.

Ministère de la culture. 

Le monde de la culture et des médias dont elle a la charge désormais a accueilli la nouvelle de sa nomination avec beaucoup de suspicion. Rachida Dati à ce poste c’est un défi pour une femme magistrate et ex-ministre de la justice qui n’est pas spécialement connue pour ses compétences en la matière. La bonne nouvelle reste sa capacité de travail et son influence qui pourraient aider à obtenir davantage de financement pour le secteur.

« On est très surpris par cette nomination (…) on ignorait son appétence pour la culture », c’est Aurélie Hannedouche, membre du Syndicat des musiques actuelles (SMA) qui s’étonne du choix du nouveau Premier ministre Attal. Hannedouche relaye ainsi la perplexité de nombreux autres acteurs du monde culturel.

Nomination « marche-pied vers la mairie de Paris »

La politique reste un jeu de chaises musicales combinée à une partie d’échecs. Pour celle qui avait été battue par Anne Hidalgo à l’élection municipale de 2020, et qui se projette à nouveau à l’Hôtel de Ville de la capitale en 2026, revenir dans un gouvernement au poste de ministre de la Culture ne peut que jouer en sa faveur, surtout si elle arrive à y faire bouger les lignes.

Néanmoins, Dati n’intègre pas ses nouvelles fonctions sans trainer avec elle de grosses casseroles dans le prestigieux ministère de la Rue St Honoré.  Mise en examen depuis 2021, on la soupçonne de recel d’abus de pouvoir et de trafic d’influence passif dans le dossier Renault-Nissan, entreprise automobile française alors encore dirigé par le Franco-Libanais Carlos Ghosn. Elle est sa conseillère, mais à l’époque, Rachida Dati n’est pas seulement avocate, elle siège aussi au Parlement européen et selon l’AFP, « des documents suggéreraient des activités de lobbying au Parlement européen sur la réglementation automobile. » Rachida Dati était « susceptible de se prononcer sur l’application de textes législatifs concernant la situation des sociétés Renault et Nissan en Europe », relèvent les juges dans un document que le journal Le Monde publie dans ses colonnes.

La justice trop lente pour arrêter l’élan de Rachida Dati, la voilà donc à nouveau sous les feux des projecteurs, dans un ministère où elle peut marquer son empreinte. Même si c’est le ministère de l’Économie et des Finances qui octroie les budgets, le secteur de la culture l’attend au tournant.

Lors de sa passation de pouvoir avec Rima Abdul-Malak, la précédente ministre de la Culture, Rachida Dati a promis de défendre « l’exception culturelle » française et la « culture populaire » avant d’ajouter « Chacun sait que j’aime me battre, n’ayez pas peur », a-t-elle rassuré.

 

 

 

 

 

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