Qui sont ces Marocains qui ont choisi de vivre en Floride ?

Orlando, Key Biscayne, Boca Raton, Aventura, Miami… qui sont ces marocains qui ont choisi l’Etat le plus au Sud des USA ?

Agents immobiliers, médecins, restaurateurs, étudiants, gérants d’hôtel… Les Marocains de Floride cassent l’image d’Epinal de l’immigration classique que nous connaissons en Europe du Nord. Si on dénombre autour de 300.000 Marocains aux Etats-Unis, ils sont déjà un peu plus de 35.000 juste dans la région d’Orlando. Un consul honoraire du Maroc a d’ailleurs été nommé il n’y pas très longtemps à Miami. La Floride accueille la 2e plus grande diaspora aux Etats-Unis juste après New-York.

Si le climat joue un rôle important pour nombre de Marocains, cette raison n’est pas l’unique. Les opportunités sont ici immenses. Posséder un talent, développer un projet sous un prisme original et le champ des possibles s’ouvre à vous.

Si les Marocains de Floride sont beaucoup plus mobiles qu’en Belgique, par exemple, c’est parce que les occasions sont telles, qu’un ancrage dans la durée semble inapproprié. Néanmoins, un certain nombre, de génération en génération, commence à s’installer de manière définitive.

 

Docteur Ahmed Zakari
Docteur Ahmed Zakari

Ahmed Zakari, médecin né à Rabat et directeur du service oncologie du Florida Hospital, le plus grand hôpital de Floride est également le président de la MACC – la chambre de commerce « Moroccan-American ». Il révélait dans un entretien à nos confrères de « Le courrier des Amériques » « Nous avons eu une vague de professeurs. Pas tellement de scientifiques, ils sont plutôt dans le nord des Etats-Unis. Puis les professions se sont beaucoup diversifiées, avec néanmoins trois grands pôles : toutes les entreprises liées au tourisme, l’immobilier et la force de vente. Je rajouterai qu’environ 15 % sont des avocats, des professions libérales. »

Pour associer cette communauté de plus en plus importante, la MACC joue un rôle important. Le docteur Zakari poursuit : « Notre but était comme toute chambre de commerce internationale, de créer des ponts entre nos pays. Beaucoup d’Américains sont intéressés à investir au Maroc et vice-versa. Des investisseurs Marocains achètent ici des maisons, des business, des restaurants. C’est de plus en plus dynamique. (…)»

Si la cuisine et la restauration restent un pôle commercial important pour les Marocains de Floride, ils sont aussi très présents dans bien d’autres domaines. À Miami comme dans le reste de la Floride et des Etats-Unis, les espaces pour rejoindre deux destinations sont astronomiques. Posséder une voiture n’est donc pas un luxe, mais une véritable nécessité. Plusieurs Marocains sont donc arrivés dans le but de travailler dans le secteur de l’automobile que ce soit celui de la concession comme celui de la location. Le commerce, les affaires, le secteur bancaire, les entreprises, le monde médical… Toutes les professions sont représentées.

Wafa et Khalid deux jeunes trentenaires venus de la région lilloise

Wafa et Khalid sont frère et sœur et à Miami depuis 4 ans. Wafa, les cheveux au vent, le teint légèrement halé nous dit avec un sourire espiègle : « c’est moi qui ai poussé mon frère à me suivre. Il terminait son master en droit et ne savait pas quoi en faire. Moi, j’étais ici depuis 6 mois, je travaillais comme assistante dentaire à Key Biscayne. Aujourd’hui, j’ai lancé ma propre affaire en lien avec l’événementiel ». A la question de savoir ce qu’ils trouvent ici qu’ils ne trouvent plus à Lille, Khalid, avoue : « Dès que vous posez le pied hors de l’aéroport, vous ressentez cette grande sensation de liberté » et Wafa de poursuivre :« de liberté et d’opportunité, la terre de tous les possibles, pour peu que vous n’ayez pas peur de bosser. En France, nous sommes pourtant issus de la troisième génération de l’immigration, mais invariablement Marocains pour la société française, même si nous sommes diplômés. » Khalid : « c’est vrai, à Miami personne ne vous demande d’où vous venez ? Est-ce que vous êtes croyants? est-ce vous allez à la mosquée? Est-ce que vous mangez Halal ? Tout le monde s’en fout. Si vous faites bien votre travail et que vous restez dans la légalité vous devenez un américain aussi américain qu’un texan de la dixième génération ». 

Nous leur avons posé la question de la différence entre l’immigration de leurs grands-parents venus du Maroc dans les années 1950 et la leur aujourd’hui. Wafa :« Nos grands-parents sont partis dans un déchirement, vers l’aventure et sans savoir quand ni si ils reviendraient un jour. Ils sont partis la faim au ventre et certainement très angoissés vers l’inconnu. Notre immigration a été beaucoup plus organisée. Pour ma part, grâce à Google, j’ai pu voir, avant même d’acheter mon billet d’avion, dans quelle chambre, j’allais dormir à mon arrivée (rire). J’avais un peu d’argent avec moi et je n’avais pas forcément une obligation de réussite, car finalement, je suis française aussi ».

Wafa et Khalid disent ne pas vivre le mal du pays. Les réseaux sociaux, les possibilités de se voir en Visio… tout cela participe à gérer le manque de la famille. Et Khalid de compléter :  » Quand mon grand-père maternel a quitté Oujda après la Seconde Guerre mondiale, il est arrivé à Charleroi avant d’aller à Roubaix. Sa famille devait souffrir de cette absence comme il a dû en souffrir également. Les gens étaient suspendus aux hypothétiques lettres qui arrivaient ou qui n’arrivaient pas pour avoir des nouvelles, les temps ont bien changé et les immigrations aussi ! »

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