Afghanistan : une nouvelle ère d’obscurantisme

Les Talibans ont repris le contrôle de Kaboul, 20 ans après l’avoir perdu au profit d’une coalition internationale conduite par les Etats-Unis. Aujourd’hui, comme hier, les Talibans ne veulent qu’une seule chose : le pouvoir ! Total, absolu, sans concession. Un pouvoir de vie et de mort sur la population. Et aussi un pouvoir de décision dans la composante la plus intime de l’être humain, à savoir sa liberté de choix individuel. Les Talibans rétabliront une police des mœurs. Ils soustrairont, plus que jamais, les femmes de la société pour les reléguer dans la cuisine et dans la chambre maritale. Leur intention finalement n’est autre que d’instaurer une République Islamique à l’instar de celle connue entre 1996 et 2001 et qui évoque, par sa physionomie, le moyen-âge européen. 

L’un des pays des pays les plus dangereux pour les femmes selon Oxfam

En 2011, l’Unicef qualifiait l’Afghanistan de « pire endroit au monde pour naître ». Des pays à travers le monde où naitre, grandir et vivre est d’une abyssale géhenne, il n’en manque pas. Mais grandir et vivre là où il vous est demandé de vous invisibiliser, doit être parmi les pires.

Or, selon un article d’Oxfam International, l’Afghanistan reste l’un des pays les plus dangereux pour les femmes. Ces douze dernières années, une petite amélioration se faisait ressentir: fréquentation scolaire pour les filles, postes à responsabilités accordés aux femmes… Comme tout changement de paradigme dans une société, les évolutions sont lentes et fragiles, les reculs toujours fermes et radicaux.

Ce pays, à l’histoire chaotique depuis plus de quarante ans, voit 36 % de sa population vivre sous le seuil de pauvreté. Neuf millions de personnes connaissent l’extrême misère dans les villages et les montagnes de ce pays un peu plus grand que la France.  Un enfant afghan sur cinq meurt avant sa cinquième année. Quant au taux de mortalité des femmes en couche, il est en tête du tableau mondial.

La fuite du gouvernent en place incarné par le président Ashraf Ghani.

Inféodé aux Américains, depuis qu’ils ont plié bagages sur décision de Trump confirmée par Biden, le gouvernement Afghan vient de révéler le vide et son absence totale de colonne vertébrale. Le siège présidentiel d’Ashraf Ghani à Kaboul est tombé sans heurt ni résistance. La décision américaine de quitter le pays a galvanisé les Talibans. Ils sont conscients de l’inconsistance du pouvoir en place. C’est pour cela qu’ils ont accéléré la poursuite de leur objectif ultime qu’était la prise de Kaboul. Impuissantes, les nations occidentales regardent, attendent, espèrent et offrent l’asile politique à une poignée de vernis. Pour les autres, ce sera chacun pour soi et les talibans pour tous.

Les femmes, quantités négligeables.

Système patriarcal parmi les plus obscurs, les femmes afghanes n’ont que très peu de valeur à leurs yeux. C’est surtout le cas dans l’Afghanistan rural et miséreux. Crimes d’honneur, mariages forcés et précoces, violences intra-familiales… La situation des femmes en Afghanistan est parmi la plus abominable au monde.

Dans les grandes villes, leur situation s’était un peu améliorée après 2001 et l’arrivée des Américains. Une nouvelle constitution garantissait, entre autre, la possibilité pour les jeunes filles de fréquenter les universités ou de travailler. Ces petites avancées ne les exonéraient pas pour autant de la surveillance. Leurs chaperons veillent à ce leurs postures et comportements en société soient conformes aux traditions religieuses et tribales. Certaines écoles, fréquentées par les filles, ont été détruites par les intégristes talibans. Forcément, une femme instruite apparaît toujours comme une menace selon leur conception de l’altérité féminine.

Même si la vie d’une afghane, avant ce 15 aout 2021, était faite de restrictions et de surveillances de tous les instants, cela était (dans les villes tout au moins) moins oppressante qu’avant 2001 où les Talibans étaient les maitres du pays. Aujourd’hui, les femmes craignent pour leur avenir. Une nouvelle page s’écrit pour l’Afghanistan qui entre dans une nouvelle ère d’obscurantisme.

 

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