En Algérie, la Covid 19 totalement ingérable !

Des images terribles ont été partagées ces derniers jours sur les réseaux sociaux. Des Algériens se disputant des bouteilles d’oxygène pour leurs proches atteints de la forme la plus grave de la covid 19.

Les hôpitaux algériens, déjà très sous équipés en temps normal, sont complétement dépassés par la pandémie qui sévit dans tout le pays. Des malades sont refoulés et priés de trouver l’oxygène qui leur est nécessaire, quand d’autres sont allongés à même le sol dans les couloirs ou les chambres surpeuplées. Une infirmière d’un grand hôpital algérois affirmait récemment vivre une scène de guerre tant les malades étaient nombreux.

Le pays le plus peuplé du Maghreb à atteint 1927 cas, selon les chiffres du ministère de la Santé.  

Le variant Delta explique en partie la détérioration de la situation sanitaire en Algérie mais c’est surtout les manquements et l’incompétence de l’Etat qui sont à pointés du doigt. Les soignants réclament un état d’urgence sanitaire pendant que les autorités affirment avoir la situation sous contrôle. Des bénévoles, qui ne sont pas formés aux soins médicaux, affluent de tout le pays pour prêter main forte là où c’est nécessaire. Manque de lits, de médicaments, de repas, d’eau potable, d’infrastructures… Les familles sont priées de pallier au manquement en apportant le nécessaire pour une prise en charge minimale.

Depuis l’étranger, des cagnottes sont mises en ligne par des algériens issus de la diaspora et certaines atteignent des sommes très généreuses comme celle mise en ligne par le collectif « Algerian Medical Network » et le « Réseaux d’étudiants et de médecins » qui vient d’atteindre la somme de 627.000 euros. Des célébrités y participent et même des non-algériens touchés par la situation sanitaire que connait l’Algérie.

Déni ou mépris ?

Le ministre Algérien de la santé : Abderrahmane Benbouzid, médecin de profession, lors d’un point de presse qui a eu lieu ce lundi 2 aout, affirme que la pandémie est «stable» et que l’oxygène, dans les structures médicales, n’est pas en pénurie. Il regrette la couverture médiatique qui, selon lui, exagère la situation et ne participe qu’au renforcement du sentiment de panique générale. Il affirme aussi que l’oxygène est disponible en quantité suffisante et les appels de détresse des médecins hospitaliers non fondés. Le ministre Abderrahmane Benbouzid n’en reste pas là, pour lui,  “les décès enregistrés actuellement sont causés par l’agressivité du virus et non par le manque de l’oxygène. Cette matière est disponible et aide certains cas, mais elle n’est pas la seule solution pour tous les patients“ Dans ce drame collectif, il regrette aussi l’image négative que les internautes donnent de leur pays en publiant des vidéos montrant les foires d’empoigne pour s’arracher les bouteilles d’oxygène notamment dans la ville de Aïn Taya, dans la banlieue est d’Alger.

Mais l’Algérie actuelle n’est plus celle des années 1990 où la désinformation étatique pouvait se pratiquer sans possibilités de la confronter à la réalité. Aujourd’hui, les réseaux sociaux relaient sans fard et en direct les situations telles qu’elles sont vécues et la réalité sur le terrain ne concorde pas avec les discours qui se veulent apaisants du ministre. Des malades sont décédés de la maladie à cause du manque d’oxygène et des internautes de tout le pays ont filmé puis publié des vidéos montrant la panique et le désarroi dans les hôpitaux où les malades sont livrés à eux même. Dans la seule journée du mercredi 28 juillet par exemple, la wilaya de Tizi Ouzou a connu 50 décès dû aux complications liées au virus.

Pour ce qui est de la vaccination, l’Algérie a reçu  7,7 millions de doses de vaccins – russe (Spoutnik V), suédo-britannique (AstraZeneca) et chinois (Sinovac et Sinopharm). La population algérienne est de 44 millions et les épidémiologistes estiment que pour atteindre l’immunité collective il faudra vacciner au moins 20 millions d’Algériens.

 

 

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