Les lourds sous-entendus du débat sur la vaccination à Bruxelles

Rentrée et Covid19

La rentrée est pratiquement là. Avec elle, les interrogations sur les conditions du retour à l’école et au travail en fonction de l’évolution de la pandémie. Comme l’a montré le Comité de concertation entre l’Etat fédéral et les entités fédérées du 20 août dernier (CODECO), l’atmosphère en Belgique est relativement optimiste. La campagne de vaccination a été très performante.  On peut à présent envisager des assouplissements aux mesures anti-COVID, progressifs et échelonnés, dans presque tous les secteurs.

Une seule ombre au tableau toutefois: la Région de Bruxelles-Capitale. Alors que le taux de personnes entièrement vaccinées en Flandre s’élève à 78,51% et à 64,34% en Wallonie, il n’est que de 47,55% à Bruxelles. C’est le Ministre Président de la Région Bruxelloise, Rudi Vervoort (PS) qui s’en est inquiété le premier. Avant même le CODECO de vendredi dernier, il plaidait pour le maintien de mesures plus strictes dans la capitale.

L’exception bruxelloise

Depuis lors, le débat est lancé sur les différences dans les taux de vaccination entre les 19 communes qui composent la Région. C’est que les résultats sont assez interpellant. L’ensemble des communes multiculturelles et pauvres de la Région est en queue de peloton de la vaccination. A l’inverse, les communes riches affichent des taux de vaccination plus élevés.  Il n’en a pas fallu plus au Bourgmestre de la commune d’Uccle, Boris Dilliès (MR), pour se précipiter dans la brèche et solliciter davantage d’autonomie communale dans la mise en œuvre des mesures d’assouplissement.

Diversité et Covid19

L’argument n’est pas énoncé clairement mais il est omniprésent dans tous les esprits: les populations bruxelloises issues de la diversité sont-elles plus récalcitrantes au vaccin et donc moins civiques et solidaires ? Avec nuance, le politologue Pascal Delwit est intervenu sur Twitter pour suggérer une analyse qui met en évidence une très forte corrélation entre taux de vaccination et niveau de revenu. Même si cette corrélation forte n’est pas un déterminisme absolu, elle doit être prise en compte. Sur les ondes du journal télévisé de la RTBF, le bourgmestre de Saint-Josse, Emir Kir, ajoutait un autre facteur explicatif: la jeunesse de la population des quartiers populaires et leur accès, jusque là, plus limité au vaccin.

Le Ministre Président l’assure: « S’il le faut, on fera du porte à porte pour la vaccination !« . Entretemps, cette séquence indique une fois de plus que Bruxelles vit sur des lignes de fracture en matière de diversité culturelle. Elles ne sont pas toujours avouées, mais, quelque soit le dossier, elles ne sont jamais très loin.

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