Est-il efficace d’opposer « islam » et « islamisme » ?

Lucien François, Professeur honoraire de philosophie du droit de l’université de Liège, signe dans La Libre de ce vendredi 19 février un texte d’opinion qui n’est pas passé inaperçu. En quelques paragraphes bien sentis, il nous invite à éviter la démarche naïve qui voudrait opposer « islam » et « islamisme ». « Il est inefficace de les opposer », soutient-il. Vouloir différencier le musulman paisible de l’idéologue prêt à prendre les armes pour imposer ses vues en espérant que la terminaison en « -iste » y suffira est une absurdité selon Lucien François. Rien ne permet de présumer que le grand public soit en mesure de faire la part des choses entre la religion reconnue, l’islam, et ce qu’il convient de pointer à l’index: l’idéologie « islamiste ».

Par ailleurs, cette appellation ne déjoue pas le piège qui consiste à associer malgré eux les citoyens musulmans de l’ordinaire aux acteurs de l’islamisme. Qualifier une violence d’islamiste entretient l’idée qu’il n’existe qu’une différence de degré et non de nature avec l’islam paisible. En lieu et place, Lucien François recommande d’utiliser les termes de « fanatisme » et de « fanatiques » éventuellement assortis du qualificatif « autoritaire ». On objectera que plus rien ne permet alors de les distinguer du fanatique qui mobilise et dévoie une autre croyance. C’est précisément tout l’intérêt de cette nuance à laquelle nous invite Lucien François: renvoyer toutes ces expressions violentes, qu’elles soient commises au nom de l’islam, du judaïsme, de l’hindouisme, du christianisme, ou de toute autre religion, à la même catégorie des manipulateurs du sacré.

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