Mémoire : Il y a 5 ans, le 16 juin 2016, la députée anglaise membre du parti travailliste Jo Cox était assassinée par Thomas Mair, un militant d’extrême droite

Rappel des faits : Nous sommes le 16 juin 2016, soit une semaine avant le référendum pour la sortie des britanniques du Brexit.  Jo Cox se trouve à Birstall, un village non loin de Leeds. C’est devant la bibliothèque municipale dans laquelle elle rencontrait des électeurs de sa circonscription qu’elle se fait poignarder et tirer dessus à plusieurs reprises, avant de succomber à ses blessures. Elle n’a que 41 ans, et elle est mère de deux enfants.

Le meurtrier est Thomas Mair, un britannique âgé de 52 ans au moment des faits et qui résidait à Birstall. Militant nationaliste d’extrême-droite et suprémaciste blanc, il ne fait aucun doute pour les enquêteurs que l’attaque était ciblée contre la députée pour sa position anti-Brexit. Dans la demeure de l’assassin, des livres et des symboles nazis sont retrouvés. Persuadé que le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne provoquerait une vague massive d’immigration, il aurait crié pendant son geste meurtrier : « le Royaume-Uni passera toujours avant tout ». Bien que certains aient évoqué une maladie mentale, Thomas Mair a été déclaré responsable de ses actes et fut condamné à perpétuité.

Une petite fille studieuse et une femme brillante.

C’est à Batley au Royaume-Uni que Helen Joanne Cox (dite Jo Cox) voit le jour en 1974. Après une enfance au sein d’une famille modeste, elle est la première de sa famille à acquérir un diplôme universitaire obtenu à l’université de Cambridge.

Sur Twitter, elle se définissait comme « Maman. Fière fille du Yorkshire. Député travailliste de Batley & Spen. Habitante sur un bateau. Alpiniste. Ancienne travailleuse humanitaire. » Mais elle était aussi une étoile montante du Parti travailliste.

 Une politicienne engagée

Avant sa carrière politique, elle s’engage et travaille dans des organisations internationales dont Oxfam. Avec ses campagnes humanitaires, elle s’installe à Bruxelles quelques années, mais travaille aussi sur les continents asiatique et africain. Son parcours dans le caritatif la conduit à devenir la conseillère de Sarah Brown, l’épouse de l’ancien Premier ministre Gordon Brown. C’est ainsi qu’elle met un pied dans la politique, avant de décider de se présenter en 2015 pour être élue députée travailliste de la circonscription de Batley et Spen, d’où elle vient.

Jo Cox se fait alors remarquer pour ses fortes convictions politiques, quitte à parfois s’opposer à son parti. Particulièrement sensible à la résolution du conflit syrien, elle milite pour une intervention britannique éthique, le déploiement d’une aide humanitaire mais également l’accueil d’enfants syriens orphelins. Décrivant l’immigration comme une chance, elle affirme dans son premier discours à la Chambre des communes que « nous sommes bien plus unis et avons bien plus en commun que ce qui nous divise ». Par ailleurs, elle prend aussi la présidence du Réseau des femmes travaillistes (Labour Women’s Network), qui combat le sexisme et la discrimination au sein du Parti travailliste.

Pro-européenne dans le contexte du référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne

Ouvertement pro-européenne, elle affirme à plusieurs reprises sa position contre le Brexit, que ce soit à la Chambre, sur les réseaux sociaux ou encore lors d’une balade en famille au cours de laquelle elle brandit un drapeau « IN ». Dans un contexte particulièrement tendu, elle maintient que l’immigration « n’est pas une bonne raison de sortir de l’Union européenne » et affirme que « nous sommes plus forts, plus en sécurité et plus prospères dans l’Union européenne ». Engagée sur la question, Jo Cox n’hésite pas à dénoncer le parti nationaliste d’extrême-droite Britain First. Mais l’énonciation fréquente de ses convictions politiques font aussi d’elle une cible et Cox reçoit même des messages de menaces.

Tuée pour ses « opinions politiques fortes »

L’assassinat de Jo Cox sur la voie publique provoque une vive émotion au Royaume-Uni, mais aussi dans les pays européens ou encore aux Etats-Unis. À quelques jours du référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne, la campagne (qui s’est souvent montrée xénophobe) est suspendue par respect pour elle et sa famille.

Aujourd’hui, son mari Brendan Cox continue le combat de sa femme, notamment à l’aide de la collecte de fonds pour la « Jo Cox’ Foundation ». Brendan expliquait quelques jours après la mort de sa femme : « Jo aurait voulu deux choses : La première, que nos précieux enfants soient entourés d’amour. La seconde, que nous nous unissions tous pour lutter contre la haine qui l’a tuée. »

Clara Grégoire

A Bruxelles, une place dans le centre-ville est rebaptisée place Jo Cox.

 

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