Rencontre avec Leila Agic, 27 ans, députée bruxelloise : « Quand on est une femme politique, on l’est 24/24 »

 

 

Durant cet été 2022, divercite.be vous propose une série de portraits de jeunes femmes politiques issues de la diversité. Jeunes, dynamiques, bosseuses et ambitieuses, allons à la découverte de cette nouvelle génération de femmes élues, émergentes et déterminées.

Aujourd’hui, c’est la députée Leila Agic qui nous reçoit. Au 14-16 rue du Chêne à Bruxelles, c’est dans son bureau du Parlement bruxellois qu’elle accepte de répondre à nos questions. Leila Agic n’avait pas encore 24 ans lorsqu’elle a été choisie par ses électeurs. D’ailleurs, la première phrase que l’on peut lire lorsqu’on se rend sur son blog  est :« Bienvenue sur le blog de Leila Agic, la plus jeune députée socialiste ».

C’est vrai qu’elle est jeune Leila ! Née en 1995, cette pétillante jeune femme n’a que 27 ans et elle a déjà bien intégré les codes politiques. De parents bosniaques qui ont fui la guerre lors du démantèlement de la Yougoslavie, c’est à Bruxelles qu’ils ont choisi de s’installer. Élève brillante qui a étudié à l’Athénée royal de Koekelberg, Madame Agic ( elle s’est mariée il y a trois semaines) a développé, très jeune, un gout pour la politique et les projets sociétaux.

Rencontre 

Divercite.be : Parlez-nous de vos premières années ?

Leila Agic : Je suis née à Bruxelles, j’ai vécu à Molenbeek pendant 26 ans. Mes parents sont arrivés en Belgique quelques mois avant ma naissance parce qu’ils ont fui la guerre en Bosnie. Adolescente, je n’aimais pas les sciences et les maths, c’est très cliché (rire), mais passionnée d’actualité et de politique. À 18 ans, j’ai rejoint la section PS de Molenbeek où je suis devenue présidente des jeunes socialistes puis candidate aux élections communales en 2018. J’ai alors été élue la plus jeune conseillère de ma commune. Par la suite, l’une des deux plus jeunes députées bruxelloises. Je venais d’avoir 24 ans quand j’ai prêté serment.

Quelles sont les causes qui vous tiennent à cœur et que vous défendez en tant qu’élue ?

Leila Agic : Les droits des femmes et le féminisme tiennent pour moi une grande place dans mes combats.

Qu’avez-vous étudié à l’université ?

Leila Agic :  J’ai fait Sciences Po, mais aujourd’hui je me dis que ce n’est pas forcément les études que j’aurais dû faire. En tous les cas, ce n’est pas là qu’on apprend la politique telle qu’elle est faite aujourd’hui. Ceci dit, cela m’a donné  d’autres clés de compréhension et je suis très contente d’avoir eu cette formation-là.

Vous avez 27 ans, qu’apporte votre jeunesse à la fonction qui est la vôtre ?

Leila Agic : Certaines thématiques qui n’étaient pas forcément abordées. En tant que députée on défend des causes qui nous touchent ou qui touchent des gens de notre entourage direct donc, forcément, quand on arrive plus jeune, on accorde de l’importance aux harcèlements de rue ou à la santé des femmes. Ce sont des thématiques qui n’étaient pas présentes ou pratiquement pas lors de la législature précédente.

Comment vous projetez-vous dans la vie politique ? Vous avez un plan de carrière ?

Leila Agic : Je ne sais pas trop. En tous les cas, je ne me suis pas dite: « j’y vais, on verra bien ». Je veux vraiment me rendre utile, combien de temps ? Je ne le sais pas, mais je suis convaincue qu’il y a certains sujets que je peux amener différemment et qui ne sont pas encore assez présents au sein de mon parti. Et puis, je suis jeune, je fais partie de la 4e vague des féministes et les thématiques en lien avec cette cause-là, c’est vraiment des sujets que j’ai envie de porter le plus loin possible et le plus longtemps possible au sein du Parlement.

Cette fonction, est-elle aussi un moment de sacrifice ?

Leila Agic : Quand on est une femme politique, on l’est 24/24. Il n’existe pas un instant de la journée où l’on ne porte pas cette étiquette, cette responsabilité et le fait de devoir être exemplaire à n’importe quel moment de notre vie.

Comment vous considèrent vos ainés en politique ?

Leila Agic : J’ai très rapidement montré que je faisais du bon travail et que j’ amenais des textes que j’avais écrits moi-même. Après, la place que j’ai eue aux élections, ce n’était pas un cadeau, cela fait des années que je milite au sein du parti et je ne suis pas là à attendre que le mandat passe. Pour moi, c’est hyper important d’avoir un bilan à l’issue de la législature et c’est vraiment ce qui me guide au quotidien, pouvoir dire : « j’ai été députée cinq ans, Voilà ce que j’ai fait, voilà les sujets que j’ai amenés, voilà les avancées que j’ai permises ». Après, dans le monde politique, on a tous envie d’être le premier sur tel ou tel sujet.

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