Au nom de la France, Emmanuel Macron demande pardon aux Harkis

Au printemps 2022, Français et Algériens commémoreront les soixante ans de l’indépendance algérienne. Une liberté conquise au terme d’une guerre qui aura fait des milliers de victimes de part et d’autre, depuis son déclenchement en novembre 1954.

Les harkis : la cerise du gâteau indépendance accordé au FLN !

Les harkis, ces combattants algériens qui servaient comme supplétifs de l’armée française, sans avoir le statut de militaire, ont payé cher leur choix de s’engager aux côtés de la France. Si, dans un premier temps, le Général Gaulle promit un rapatriement massif des harkis et de leurs familles sur le continent, le chef d’état n’ignorait pas le sort qui leur serait réservé dans le cas contraire. Mais dans les faits, rien ne s’est produit comme annoncé après la signature des accords d’Évian.

Entre 200 000 à 400 000 selon les historiens.

Mais seuls 42 500 harkis trouveront finalement refuge en France. Les autres seront abandonnés aux mains du FLN. Considérés comme des traitres ayant prêté allégeance à la France, les harkis seront persécutés, torturés et pour ceux qui n’auront pas eu recours au suicide, seront sommairement assassinés.

Macron, premier président français à demander le pardon.

Si pour certains, cette démarche relève d’un coup de communication à huit mois des élections présidentielles, pour les associations de harkis et de leurs descendants c’est enfin une reconnaissance et le fruit d’un combat mené depuis soixante ans.

Emmanuel Macron a donc annoncé une loi « de réparation » pour les harkis et « demande pardon » au nom de la France.

Lors d’une cérémonie officielle, il s’est adressé à ceux qui ont combattu aux côtés de l’armée française durant les huit années qu’a duré le conflit, en promettant de porter : « avant la fin de l’année un projet visant à inscrire dans le marbre de nos lois la reconnaissance et la réparation à l’égard des harkis ». 

Si aujourd’hui beaucoup d’entre eux sont décédés, leurs descendants restent attachés à cette reconnaissance même tardive. Le président Macron, né quinze ans après la fin de la guerre, affirme que « l’honneur des harkis doit être gravé dans la mémoire nationale ». La France, attachée à l’héritage politique du président de Gaulle a longtemps nié les « clauses secrètes des accords d’Évian », des clauses négociées avec le FLN pour mettre en sourdine la problématique des harkis.

François Hollande, en 2016, avait déjà tenté une reconnaissance de la responsabilité de la France dans le destin tragique des harkis ». Macron, en officialisant la responsabilité de l’état Français et en affirmant son manque de prise de responsabilité vis-à-vis des harkis, a franchi un pas supplémentaire. Dans son discours du 20 septembre à l’Elysée,  il précise néanmoins que ce n’est pas son rôle de juger les dirigeants de l’époque, mais que cette tâche incombe aux historiens.

40 millions d’euros sur quatre ans pour revaloriser les pensions des anciens combattants.

Les quelques harkis arrivés en France ont été placés dans des camps et ont connu des conditions de vie  traumatisantes. Certains vivant avec femmes et enfants dans des bidonvilles. Quant à leur intégration, elle fut quasi nulle. Rejetés par les Français, méprisés par les immigrés.

Pour réparer cette injustice, en septembre 2018, Geneviève Darrieussecq, la ministre déléguée chargée de la Mémoire et des Anciens combattants, avait proposé un « plan harkis ». L’initiative avait pour but de venir en aide aux harkis et à leurs familles qui vivent dans la pauvreté. Ces efforts consenties, à cinq jours de la journée nationale d’hommage aux harkis (célébrée tous les 25 septembre depuis 2003) font partie de cette volonté du président, pendant son quinquennat, de redonner sa place à la mémoire et l’ histoire.

Après les harkis – et avant cela déjà l’affaire Maurice Audin et Ali Boumendjel -, une autre épine dans le pied de l’histoire franco-algérienne :  la répression policière à Paris de la manifestation du 17 octobre 1961. Emmanuel Macron compte clore son mandat présidentiel en tentant de « réparer » les dégâts de l’histoire. C’est dans ce sens que s’inscrivent l’initiatives des journées mémorielles visant, d’une part, à rendre hommage aux harkis et, d’autre part, à honorer la signature des accords d’Evian le 18 mars 1962 qui marquent la défaite de la France face à l’Algérie.

 

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