« Sœurs » de Yamina Benguigui : trois comédiennes magistrales pour un scénario décousu et insipide.

Sorti ce 30 juin au cinéma, « Sœurs » c’est d’abord une affiche de rêve : Isabelle Adjani, Rachida Brakni et Maïwenn. Trois comédiennes dont le talent honore le cinéma français et qui aiment revendiquer leurs filiations avec l’Algérie. Les ingrédients étaient pourtant là ; des femmes, un histoire de famille faite de déchirures, de violences domestiques, de tiraillements identitaires. Une réalisatrice et productrice, Yamina Benguigui, qui fut aussi en son temps ministre déléguée chargée de la Francophonie et des Français de l’étranger sous François Hollande.

L’ histoire : Celle de trois sœurs franco-algériennes, Zorah, Nohra et Djamila. Elles vivent en France, dans la même ville, voient leur mère assez souvent, une femme forte et combattive qui a participé à la lutte pour l’indépendance de l’Algérie en 1962. C’est d’ailleurs pendant sa période de moudjahidine qu’elle rencontre le père de ses enfants. Après quelques années passées en France où violence et terreur font le quotidien de cette famille, le père kidnappe la plus jeune des filles et le petit dernier, un garçon, Rheda avant de les emmener en Algérie. Devenues adultes, Zorah est dramaturge, Djamila est maire et Nohra ne parvient pas à se stabiliser. Chacune vit une vie traumatisée par l’enfance. Alors qu’elles apprennent que leur père est mourant, elles décident de partir toutes les trois le retrouver à Alger, dans l’espoir qu’il leur révèle où est leur frère.

 

Ce que nous en pensons.

Dès les premières images, le scénario révèle ses failles. Dans un salon (anachronique) la mère et les sœurs nous racontent déjà tout ce que l’on doit savoir, comme une urgence à révéler, dès le début, le sujet du film. Très vite, le spectateur est perdu. La réalisatrice adopte, tantôt les codes du théâtre filmé, quelques prises plus tard, ceux du documentaire avant de revenir, de temps à autre, à une vision plus cinématographique.

Des scènes sans réelles plus-values et dont le film se serait bien passé sont également nombreuses. A l’instar de celle filmée dans le célèbre « Jardin d’Essai », à Alger, juste pour informer le spectateur que Johnny Weissmuller, le premier Tarzan parlant, y fut tourner 1932. Des ratés de débutante pour la réalisatrice comme ces figurants floutés parce que fixant la caméra dans les scènes tournées dans les rues d’Alger.

Yamina Benguigui voulait parler de tout, au final elle n’évoque rien.  

La guerre d’Algérie, les difficultés de l’immigration des années 1970, le tiraillement identitaires, la décennie noire, le hirak… Tout cela sommairement évoqué sans jamais être incarné. Si le sujet qu’on nous propose est la recherche du père et du frère disparu depuis son enlèvement, la réalisatrice se sert de ce fil conducteur comme prétexte à l’évocation de tout ce qui à fait l’actualité sociale de l’Algérie depuis l’indépendance.

Reste les comédiennes : brillantes, lumineuses, émouvantes de justesse mais qui ne parviennent pas à sauver le film.

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