Entrepreneuriat féminin à Bruxelles, le défi du futur : changer les mentalités !

 

 

 

Ce jeudi 14 octobre, au parlement bruxellois, un colloque sur l’entrepreneuriat féminin a été organisé à l’initiative de la députée bruxelloise Véronique Lefrancq.

Entreprendre quand on est une femme, des témoignages se sont succèdes durant cette journée consacrée  aux femmes qui entreprennent à Bruxelles. Huit intervenantes et un représentant de Hub.brussels ont pris la parole pour expliquer les difficultés et le parcours semés d’embûches ainsi que l’incommensurable challenge de se lancer dans un nouveau projet quand on est une femme.

Etaient présents à ce colloque en tant qu’orateurs Barbara Roose de finance&invest.brussels,  Claire Munck CEO de BeAngels, Isabella Lenarduzzi fondatrice de JUMP/ Solutions for Equality at Work, Julie Foulon fondatrice de Girleek, Eleonore Laming fondatrice de MicroStart, Anthony Naralingom  de hub.brussels, Sana Afouaiz, Fondatrice et directrice de Womenpreneur-Initiative, Dominique van Beckhoven, artiste pâtissière fondatrice de The French Cake Company et Emna Everard fondatrice de Kazidom.

Tour à tour, chacun s’est exprimé, émaillant le débat de données autant économiques, structurelles que d’anecdotes personnelles où sexisme et mépris font partie des écueils à gérer.

« Cheffe d’entreprise ? Vous êtes sure que ce n’est pas un hobby que vous cherchez ? »

Beaucoup de femmes qui décident de revenir dans le monde du travail après une longue période d’absence ont comme ambition de lancer leur propre business, créer leur emploi et devenir cheffe d’entreprise. Commence alors un chemin de croix qui, entre les prémices de l’idée et le versement d’un premier salaire, est constitué de périodes d’euphories autant que de découragements, de certitudes autant que de remises en question.

Barbara Roose, qui accompagne les entreprises dans tous les stades de leurs développements, reconnait que les femmes ont plus de difficultés à trouver des financements pour lancer leur projet. « On les bassine de questions sur leurs réelles motivations alors que les hommes échappent à ce genre de suspicions ».

Moins d’un projet sur huit émane d’une femme et quand le dossier arrive entre ses mains, il est souvent mieux construit. Elle reconnait également que le monde de la finance se féminise de plus en plus ce qui pourra sans doute à l’avenir permettre aux entrepreneuses d’avoir un projet étudié par une femme ce qui cassera certains préjugés qui restent persistant dans le chef des hommes.

Claire Munck CEO de BeAngels

 

Les femmes, souvent plus réalistes dans leurs projections.

Défendre son projet auprès des investisseurs avec des arguments prudents et avisés est souvent l’attitude adoptée par les femmes. Mais aussi surprenant que cela puisse paraitre, cela les dessert plus que ne les sert.

Les hommes, toujours majoritaire dans les comités de sélection, les estiment alors peu ambitieuses et manquant de projection pour le très long terme. Autre particularité très féminine, selon Claire Munck,  est le désintérêt des femmes pour les aspects comptables et financiers. Elles préfèrent se focaliser sur leur produit. Mais pour la CEO de BeAngels, les uns ne va pas sans l’autre : « Chez BeAngels, nous sommes là pour démystifier ces aspects. Elles doivent se familiariser avec la finance et la comptabilité. Cela les rend plus crédibles auprès des investisseurs, quand elles se retrouvent face à eux. On les aide aussi à mieux vendre oralement leur produit en quittant des yeux le PowerPoint »

 Là où se trouve une femme, le métier est dévalorisé.

Favoriser les chiffres genrés est une donne incontournable pour Isabelle Lenarduzzi, la fondatrice de Jump. Si on ne mesure pas l’impact des femmes dans l’apport économique, elles restent invisibles, en ajoutant à l’assemblée « si on ne vous compte pas, vous ne comptez pas ! ». Julie Foulon de Girleek poursuivra en observant qu’à ce jour, le financement à l’entreprenariat des femmes est un « échec total ». Accordant moins d’espace dans leur vie à la formation en cours de carrière (pour des raisons liées au temps déjà réduit consacré à la famille), elles sont en retard sur les compétences économiques et donc moins compétitives par rapport aux hommes.

Isabella Lenarduzzi, fondatrice de Jump

 

« Une femme n’est pas un mec comme les autres »

Changer les mentalités… c’est tout l’enjeu du combat des femmes pour l’avenir. « L’accès des femmes au capital, c’est la nouvelle révolution féministe. » pour la fondatrice de Jump mais force est de constater que le chemin est encore long et difficile.

Pour Eleonore Laming qui avec son entreprise Micro-Start propose des crédits aux petites entreprises qui se lancent, une certitude l’habite : Les femmes généralement plus précarisées sont celles qui ont le moins confiance en elles. « A Bruxelles nous avons 31 % des femmes qui demandent un micro-crédit. Parmi elles, 60 % sont nées hors Europe. 65 % sont sans diplôme supérieur. Les montants qu’elles sollicitent sont moins élevés que ceux des hommes, elles préparent mieux leurs dossiers, elles remboursent mieux les prêts qu’elles ont obtenu et pourtant, on le leur accorde moins qu’aux hommes. »  

 

Le syndrome de l’imposteur

Ou ce sentiment de ne pas être à sa place quand on est une femme dans le monde de l’entreprenariat. Pourtant, elles sont plus souvent que les hommes à  l’initiative de projets à impacts sociétales plutôt que purement économiques.  Isabelle Lenarduzzi conclura en ces termes : «  On continue de vivre dans une société où nous ne sommes pas l’égales des hommes. Le reconnaitre n’est pas se victimiser mais juste savoir dans quelle cour on joue ! »

 

 

N'hésitez pas à partager !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *