Hadja Lahbib, les raisons du parachutage d’une novice en politique

Hadja Lahbib, journaliste et réalisatrice est, depuis ce 15 juillet, notre nouvelle ministre des affaires étrangères.

Elle reprendra les compétences de Sophie Wilmès, a annoncé Georges-Louis Bouchez le président du MR. La Ministre des Affaires étrangères avait annoncé hier sa démission pour se consacrer à l’accompagnement de son époux qui lutte contre un cancer du cerveau.  Sa remplaçante surprise n’est pas une inconnue. Elle a longtemps présenté le journal télévisé de la RTBF avant de se consacrer au documentaire et à l’actualité internationale. On se souvient notamment de son reportage sur les femmes afghanes (« Afghanistan, le choix des femmes », Production RTBF/Les Films de la Passerelle 2007). Plus récemment, elle avait été désignée pour coordonner la candidature de Bruxelles au titre de Capitale européenne de la culture 2030.

Cheval de Troie de Bouchez dans la volonté du MR de reconquérir Bruxelles

Le président du MR, dans sa conférence de presse, a dit de sa nouvelle ministre : « Elle connaît bien les dossiers internationaux par son métier de journaliste. Elle n’a peut-être pas d’expérience politique, mais elle a une meilleure connaissance que certains de ses prédécesseurs quand ils sont arrivés à ce poste». Mais qu’est-ce qui se cache derrière ce beau coup de poker médiatique du Président Bouchez ? Quelles sont les véritables raisons de cette nomination ? Hadja Lahbib, figure du petit écran depuis des années, bénéficie d’un capital sympathie non négligeable.

En tant que néo-Bruxelloise avec des liens forts en Wallonie (dans le Borinage, mais aussi à Liège), elle est appelée à jouer un rôle dans la stratégie de conquête de l’électorat multiculturel ébauchée par le MR.

En septembre 2020, on se souviendra que le MR bruxellois avait recruté le député ex-CDH Bertin Mampaka.  Si le Grand Baromètre Le Soir-RTL-Ipsos de juin dernier donne le MR numéro un à Bruxelles, et assez nettement, Georges Louis Bouchez tente ici de conforter une assurance à deux ans des prochaines échéances électorales de 2024. Pour la première fois depuis les élections de mai 2019, les libéraux sont en effet premiers dans la capitale avec une avance importante sur le PS et les écolos. Ils dépasseraient aujourd’hui de 4,5 points leur dernier score électoral.

Le choix d’une novice en politique pour gérer un département régalien peut laisser perplexe certains et en réjouir d’autres. L’histoire seule dira si Hadja Lahbib a la capacité à tenir un ministère de cette envergure. Mais le choix que fait Mme Lahbib de rejoindre le Mouvement réformateur interpelle tout autant. À bien des égards, cela peut surprendre au regard de ses engagements passés.

Cette nouvelle carrière qui s’annonce à droite de l’échiquier politique ne manque pas de surprendre. Dès ses premières interviews, elle a balayé ces reproches affirmant: « Je ne suis ni de gauche ni de droite, je suis fondamentalement libre (…) capitaine de mon âme « . Néanmoins c’est une nouvelle page qui s’ouvre pour elle avec de nouvelles couleurs à ses engagements.

On pense ici immédiatement aux positions tranchées de Georges Louis Bouchez sur les questions de société et sur le dossier de l’immigration ou encore à son amitié affichée avec Théo Francken. Sur le plateau de LN24 en 2021, Georges-Louis Bouchez déclarait assumer une politique de droite populaire qui ose parler de sécurité et de fiscalité. Il faudra à Madame Lahbib accepter qu’on ne puisse être la ministre désignée d’un parti de droite et dans le même temps se dire ni de gauche ni de droite

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2 thoughts on “Hadja Lahbib, les raisons du parachutage d’une novice en politique

  1. Cette nomination est tout simplement une aberration !
    Comment peut-on oser nommer comme ministre des affaires étrangères, un des ministères, si pas le ministère le plus important de la 24ème puissance mondiale, une speakerine de télévision !
    Dans le monde privé, son CV n’aurait même pas été pris en considération. Elle n’aurait même pas eu d’interview. De quelle formation, de quel diplôme, de quelle expérience en politique internationale peut-elle se prévaloir pour prétendre occuper ce poste prestigieux? Combien de langues étrangères maîtrise-t-elle?
    Pourquoi ne passe-t-elle pas un examen comme les commissaires européens pour prouver qu’elle a les connaissances et aptitudes nécessaires pour exercer une telle fonction?
    Ce n’est pas le genre de responsabilité que l’on peut exercer « en apprenant sur le tas ». Dès le premier jour en fonction, vous vous devez de maitriser les enjeux géopolitiques de l’échiquier mondial ! Ne dispose-t-on pas à travers le monde de diplomates aguerris, polyglottes, et rompus à l’exercice, ô combien périlleux, de la négociation internationale ?
    Ce système de nomination est tout simplement anti démocratique et prouve malheureusement une fois de plus l’évolution du nivellement par le bas du système politique francophone.
    On ne nomme pas quelqu’un à ce poste sur base de sa popularité et de son pouvoir d’attractivité des votes dans le futur, mais bien pour ses compétences inégalables dans le domaine.
    Qui aimeriez-vous avoir comme prochain premier ministre monsieur Boucher ? Une bloggeuse ? Un joueur de football ? Dieu nous préserve que ce soit vous…
    Pauvre Belgique !

  2. Bientôt Nabila naturalisée belge pour être ministre MR des télécommunications, non mais allo quoi… vraiment un clown ce Bouchez

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