Lisez vous le belge ? : Lisette Lombé Poétesse nationale 2024

« Lisez-vous le belge ? » est un label créé lors de la mise à l’honneur de la Belgique francophone au Salon du livre de Genève en 2019. Il avait pour objectif un coup de projecteur sur la singularité de l’édition et la littérature belges d’expression française, souvent écrasées par le mastodonte parisien.

Plurielle et multiculturelle, la littérature belge francophone, ce sont d’abord des auteurs venus du Nord du pays, surtout pendant la première partie du XIXe siècle :  Émile Verhaeren, Maurice Maeterlinck, Max Elskamp, Georges Rodenbach… pour ne citer que quelques-uns. Depuis les années 1980, la littérature belge francophone s’est ouverte à la diversité. Personne n’a oublié le fabuleux roman de Santocono  « Rue des Italiens » Prix Charles Plisnier 1987. Aujourd’hui, des auteurs aux origines africaines, arabes ou encore asiatiques sont venus nourrir le patrimoine littéraire belge.

Cette année, pendant un mois (du 1er au 30 novembre) la campagne « Lisez-vous le belge ? » a mis à l’honneur le livre belge francophone à travers une série de contenus et d’événements, en Wallonie, à Bruxelles, mais aussi en ligne. Les initiatives se sont déroulées dans des librairies, des bibliothèques, des écoles et d’autres lieux culturels.

À l’initiative du PILEn, plusieurs auteures de la diversité ont pu défendre leurs ouvrages un peu partout en Wallonie. 65 librairies partenaires, 152 événements labellisés en bibliothèque, en librairie ou dans des lieux culturels.

DiverCite.be a décidé de présenter quelques auteures qui ont participé à l’un ou l’autre des évènements. Trois questions, toujours les mêmes, pour mieux les connaître et donner l’envie de les découvrir.

Aujourd’hui, Lisette Lombé slammeuse belgo-congolaise, elle fut enseignante et travailleuse sociale avant de se consacrer depuis quelques années à sont art.

Qui je suis…

Je suis une poétesse qui s’exprime sur plusieurs terrains de jeu : scène, slam, performances, concerts, livres pour adultes et enfants, collages, ateliers d’écriture, chroniques dans les magazines, coaching… Je suis métisse, mère de trois enfants. Sans le collectif L-SLAM, je ne serais pas devenue l’artiste que je suis aujourd’hui. J’ai eu une vie d’enseignante puis de travailleuse sociale avant l’entrée dans le monde de la littérature. Devenir la prochaine Poétesse Nationale me remplit de joie. Je mesure le chemin parcouru depuis mon burnout de 2015.

Mon écriture…

Comme écrit dans la présentation de mon recueil Brûler Brûler Brûler, j’écris debout, entourée de cracheuses de feu, de contorsionnistes et de lanceuses de couteaux. Ma matière poétique pulse dans chaque corps qui lutte pour ne pas perdre souplesse et superbe, dans l’effilochure du costume qui renseigne sur la paye, dans la sueur, les blessures et les solitudes démaquillées à la lumière du jour. J’écris comme les numéros qui se succèdent, dans le rythme et l’urgence. J’écris pour les vivants, dans une langue qui s’adresse aux derniers rangs. J’écris pour la métamorphose des coulisses et des abords des chapiteaux. Mes personnages cherchent moins à être aimés que respectés. Ils m’offrent un peu de leur révolte et de leur fierté.

Ma place dans le monde et ce que mon œuvre peut changer… 

J’assume aujourd’hui d’écrire pour contribuer humblement à rassembler les gens autour de valeurs de solidarité et d’égalité. La poésie ne peut rien pour plus de justice, mais en tant que perpétuelle recherche de justesse, elle offre un langage qui permet l’expression de pensées complexes. C’est politique aussi de créer des espaces où les émotions sont entendues et respectées. L’écoute sans jugement, comme dans les micros ouverts de slam, c’est aussi politique. Le travail des cœurs est un peu souterrain, moins spectaculaire que d’autres engagements. Écrire À hauteur d’enfant, imaginer des dialogues entre les générations, est l’un de ces endroits de sens.

 

« Pas d’épanouissement individuel sans émancipation collective. Pas de scènes sans partage, pas de littérature sans slam, pas d’artistique sans éducation populaire, pas de culturel sans social, pas de démocratie sans paroles citoyennes, pas de poésie sans engagement, pas de vie sans poésie. »

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