Malik Ben Achour ne deviendra pas bourgmestre de Verviers

©Photo: Facebook

C’est la RTBF qui révélait l’information ce dimanche 25 avril. Nous avions évoqué le dossier de la crise politique qui frappe la ville de Verviers le 14 mars dernier. Nous concluions en soulignant que des retournements de situation étaient possibles et que rien n’était écrit à l’avance. La situation ne manque en effet pas de complexité. Essayons d’y voir clair.

Il y a un mois, Malik Ben Achour semblait être la dernière option pour sortir la ville de Verviers de l’ornière. Depuis juillet 2020, la ville est en effet entrée dans une crise qui la rend ingouvernable. Avec l’exclusion du PS de l’actuelle bourgmestre, Muriel Targnion, le PS s’est retrouvé dans l’obligation de trouver une solution de remplacement pour se maintenir au pouvoir sans son ex-bourgmestre et pour parvenir à former une majorité de 19/37 conseillers avec son partenaire du cartel composé du MR (6 sièges) et de sa dissidence Nouveau Verviers (4 sièges),  auquel il faut ajouter l’apport du CDH (5 sièges).

Or, la difficulté tient au fait que les 13 élus socialistes de 2018, ne sont plus que 10 suite au départ de Muriel Targnion et de ses fidèles Alexandre Loffet et Laurie Maréchal. Et le PS restant est lui-même divisé en deux tendances: celle d’Hasan Aydin (deuxième meilleur élu socialiste en 2018 et Président du CPAS en suspens) et celle de Malik Ben Achour, troisième résultat aux élections de 2018, actuel député fédéral et favori du Boulevard de l’Empereur dans la course à la succession de Muriel Targnion.

Pour composer une majorité stable avec le MR, Nouveau Verviers et le CDH, le PS devait pouvoir compter sur le vote de 7 élus. Or, il apparaît ce week-end que ce ne sera pas le cas. Les conseillers Antoine Lukoki et Chimène Nganji, pourtant tous deux pressentis comme futurs échevins dans la majorité Ben Achour, ont refusé de se désolidariser d’Hasan Aydin (qui n’a pas officiellement renoncé à ses ambitions mayorales).

Cette impossibilité de former une majorité à Verviers est une lourde défaite du Parti Socialiste local, dont les conséquences devront être assumées au niveau provincial et national. La situation au terme de ce week-end reste inextricable et replace Muriel Targnion au centre de l’échiquier. Il y a fort à parier que le manque d’unité du PS verviétois sera électoralement sanctionnée en 2024 et rendra la position du PS face au MR plus fragile tant à la ville qu’à à la Province de Liège. Au PS national, on vient de rater l’occasion d’installer un symbole, celui du premier bourgmestre d’origine nord africaine en Wallonie. Et on doit sans doute s’interroger profondément sur la complexité de cette diversité culturelle qui joue à fond en arrière-plan de cet échec verviétois. Mais ira-t-il jusqu’à prononcer l’exclusion de Lukoki et Ngangi, qui comme Targnion en juillet dernier, se sont écartés des injonctions du Parti ? C’est fort peu probable. Et comme souvent à Verviers, le plus probable est souvent l’inattendu.

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