Saint Valentin, d’une fête subversive à la célébration du romantisme…

(Photo by ALEXANDER NEMENOV / AFP)

Célébrée tous les 14 février, la Saint-Valentin met à l’honneur les amoureux depuis le XVe siècle. Si aujourd’hui la fête est principalement associée aux roses rouges, chocolats et pratiques commerciales, derrière cette date se cache en réalité une longue histoire aux origines encore débattues.

Valentin de Terni, Saint patron des amoureux

Comme son nom l’indique, la Saint-Valentin met à l’honneur une figure intronisée. Mais en réalité, ce n’est pas Un mais plus d’une dizaine de Saint Valentin qui seraient susceptibles d’être associés au 14 février. Le plus connu d’entre eux se nomme Valentin de Terni, un prêtre qui vécut au IIIe siècle sous l’empereur romain Claude II. À l’époque, ce dernier décide d’interdire les mariages, qui selon lui empêche les hommes de s’engager au combat. Valentin de Terni, révolté, refuse de se soumettre. En secret, il marie des chrétiens malgré les ordres de l’empereur. Lorsque Claude II finit par l’apprendre, l’empereur ordonne l’arrestation puis la condamnation à mort du prêtre. Selon la légende, Valentin de Terni, alors emprisonné, entretient une relation avec la fille de son geôlier. Le 14 février, jour de son exécution, il lui aurait remis une lettre signée « Ton Valentin », juste avant de mourir en martyr roué de coups et décapité.

À la même époque sont célébrées dans la Rome antique les « Lupercales ». Ces fêtes païennes qui ont lieu chaque année du 13 au 15 février ont pour objectif d’honorer Lupercus, le dieu de la fécondité. Lors de ces festivités, qui débutent généralement par un sacrifice d’animaux, des hommes déguisés courent dans les rues et fouettent le ventre des femmes avec des lanières de cuir, dans le but de favoriser la fertilité. Une tradition aux antipodes de la Saint-Valentin romantique que nous connaissons aujourd’hui et qui choque l’Eglise catholique de l’époque.

C’est pourquoi à la fin du Ve siècle, le pape Gélase Ier trouve un ingénieux stratagème : plutôt que de supprimer cette fête païenne, il en altère le sens en créant une fête de l’amour spirituel pendant les Lupercales. Le 14 février devient alors le jour de trois saints martyrs appelés Valentin, dont Valentin de Terni, et ce dernier est officiellement nommé « patron des amoureux ». La Saint-Valentin ne serait donc à l’origine qu’un simple subterfuge de l’Eglise chrétienne pour remplacer les fêtes païennes de la Rome antique.

D’une fête subversive à la célébration du romantisme…

Il faut attendre le XVe siècle pour que la Saint-Valentin prenne un tournant plus romantique. Selon une autre histoire largement répandue, l’origine de la fête se trouverait à la fin du Moyen Âge en Grande-Bretagne. À l’époque, on raconte que le 14 février correspond à la période où les oiseaux commencent à s’apparier. C’est donc tout naturellement que ce moment de mise en couple est choisi pour célébrer l’amour. Les conjoints ou bons amis s’échangent alors des « Valentin », de petits billets d’amour ancêtres des cartes postales. De par la littérature courtoise, les poèmes romantiques et les voyages, cette tradition anglo-saxonne se serait ensuite peu à peu diffusée à travers le monde pour finalement devenir la fête commerciale que nous connaissons aujourd’hui. Mais ce n’est qu’une légende parmi d’autres…

Si l’origine exacte de la fête continue de faire débat, il ne fait pas de doute que c’est au XIXe siècle que la Saint-Valentin va connaître son véritable essor, notamment grâce à la création de la Poste en Angleterre en 1840. La tradition des « Valentin » perdure ensuite avec la création des cartes de vœux, et devient presque exclusivement réservée aux amoureux. Aujourd’hui, près d’un milliard de cartes de vœux sont envoyées à travers le monde le 14 février.

D’une fête subversive, la Saint-Valentin est devenue une célébration du romantisme et du couple normatif. Et à l’heure où beaucoup décrient sa dimension commerciale, le sociologue Jean-Claude Kaufmann rappelle qu’ « il ne tient qu’à nous de [la] réinventer » pour ne pas la laisser sombrer.

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