Assassinat du prêtre Olivier Maire, qui est Emmanuel Abayisenga son meurtrier ?

France, Saint-Laurent-sur-Sevre – 2021-08-09. Photo : AFP

Le corps du père Olivier Maire, prêtre de 60 ans, a été découvert, lundi matin, à Saint-Laurent-sur-Sèvre, dans sa chambre dans les locaux de la communauté des frères missionnaires montfortains. Quelques heures plus tôt, un homme s’était présenté à la gendarmerie pour avouer le meurtre. Emmanuel Abayisenga, c’est son nom, était déjà connu par la police pour l’incendie de la cathédrale de Nantes en juillet 2020.

Qui est Emmanuel Abayisenga ?

C’est en 1981, au Rwanda, qu’il voit le jour. Sa famille est profondément catholique, pratiquante et issue de la tribu des Hutus. Famille nombreuse, il est membre d’une fratrie de douze frères et sœurs. Emmanuel Abayisenga a 13 ans lorsque dans son pays les Hutus commencent l’extermination des Tutsis. Un génocide qui fera entre 800 000 et 1 000 000 de morts.

Le journal La Croix, révèle que des membres de sa famille ont  participé au génocide des Tutsis. 

Les soldats du Front patriotique rwandais Tutsis, prennent le pouvoir en 1994. Il chasse les génocidaires et la  famille d’Emmanuel Abayisenga est contrainte de fuir notamment vers le Congo. Lorsque ses proches rentrent finalement en 1996, le père d’Emmanuel sera exécuté sommairement mais ce n’est qu’ après sa mort qu’il sera jugé et condamné comme génocidaire par les tribunaux populaires du Rwanda.

Emmanuel Abayisenga à 31 ans quand il arrive en France. Il demande l’asile en 2013 mais l’ OFRA ( l’Office Français de protections des Réfugiés Apatrides) rejette sa demande en 2015.  Qu’à cela ne tienne, il persévère et, parallèlement, il commence par faire du bénévolat pour différentes associations comme celle de la Croix-Rouge ou du Secours catholique.

En 2018, il devient bénévole au sein de la cathédrale de Nantes.

Mais le 31 décembre 2018, il se fait agresser dans l’église et cette agression sera « comme un tournant dévastateur » d’après les gens qui le côtoyaient. De cette agression, il garde des séquelles physiques comme des problèmes d’incontinence qui l’empêcheront d’avoir désormais une vie « normale ». Dix-huit mois plus tard, il boutait le feu à la cathédrale de Nantes. L’un des organistes du grand orgue, Michel Boursier, (grand orgue vieux de 400 ans qui sera détruit dans  l’incendie) en parle comme de quelqu’un « de charmant, de calme, apparemment très raisonnable, courtois et sympathique ».

Mis en examen le 26 juillet 2020 avec pour motif la destruction et la dégradation volontaire par incendie, il passe dix mois en détention provisoire. En juin 2021 il est remis en liberté, sous contrôle judiciaire,  dans l’attente du procès mais il passe ensuite 1 mois, jusqu’au 29 juillet dernier, dans un hôpital psychiatrique.  A sa sortie, il est accueilli  par la congrégation des Missionnaires Montfortains avant d’assassiner, 11 jours plus tard,  le supérieur provincial des prêtres Olivier Maire.

Réactions de l’extrême droite française

Fidèle à elle-même, la présidente du Rassemblement National, Marine Le Pen, a réagi dès l’annonce du meurtre  sur son compte Twitter. « En France, on peut donc être clandestin, incendier la cathédrale de Nantes, ne jamais être expulsé, et récidiver en assassinant un prêtre » Mais le ministre de l’Intérieur français, Gerald Darmanin, s’est expliqué en écrivant sur son compte Twitter. « Cet étranger n’était pas expulsable malgré son arrêté d’expulsion tant que son contrôle judiciaire n’était pas levé ». Pour lui, Marine Le Pen suscite des polémiques sans connaître le fond du dossier.

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