Elections présidentielles en Syrie : les exilés tenus à distance et un résultat connu d’avance.

©Photo: AFP

Une guerre qui a fait plus de 388 000 morts et poussé à l’exil hors du pays près de 6,7 millions de Syriens selon le HCR. Voici le contexte dans lequel Bachar Al-Assad, actuel président syrien, organise des élections présidentielles ce 26 mai 2021.

Faut-il préciser que le scrutin sera sans surprise? Tout est joué d’avance ! Pour la plupart, les exilés seront maintenus à distance du scrutin par une disposition de la loi électorale qui impose une résidence ininterrompue de 10 ans dans le pays avant l’élection. En Allemagne, quelques dizaines de manifestants se sont pressés devant l’ambassade pour manifester leur opposition à cette élection qui se présente comme un ravalement de façade pour le régime. Les autorités allemande avaient d’ailleurs refusé d’autoriser la tenue du scrutin au sein de l’ambassade. Berlin, Paris, Washington comme toutes les chancelleries occidentales ont exprimé leur hostilité à la démarche d’organiser des élections en dehors du cadre de la résolution 2254 du Conseil de Sécurité de l’ONU.

Comme le rappelait Le Monde. Le pays est ravagé et miné par une crise économique profonde. La guerre qui a commencé en 2011 a fait régresser le pays de manière dramatique. La majorité des infrastructures civiles sont détruites. La Syrie a reculé de plus de 10 ans au niveau de son indicateur de développement humain. Des économistes comme Bassel Kaghadou, chargé par l’ONU de mettre sur pied une stratégie globale de reconstruction de l’économie de la Syrie, estime que le pays est revenu à son niveau des années 80.  «La Syrie ne sera plus jamais la même, son économie sera plus modeste, sa population moins nombreuse»,

Un quatrième mandat pour le dictateur Syrien, le deuxième depuis le début de la guerre il y a dix ans.

Les portraits de Bachar Al-Assad sont placardés depuis plusieurs semaines dans tout le pays. Ses adversaires politiques, deux candidats très peu connus des Syriens : Abdallah Salloum Abdallah ex-ministre et parlementaire mais surtout Mahmoud Mareï, avocat qui connait bien les geôles syriennes. Tous deux appartiennent à une opposition qui ne fait que très peu d’ombre au régime d’Al-Assad. Les deux « concurrents » ont bien évidemment reçu l’assentiment du pouvoir en place avant de se présenter contre l’inamovible président.

Pour son nouveau mandat, Al-Assad se présente comme l’homme nécessaire à la reconstruction. Même si ses alliés fidèles, la Russie et l’Iran le soutiennent pour sa réélection, les États occidentaux ne reconnaissent pas la légitimité des élections qui se jouent ce 26 mai. Au pouvoir depuis 2000, remplaçant son père Hafez, mort après trente ans de règne sans partage, Bachar, l’héritier, ne pratique ni meeting, ni campagne, ni entretiens avec les médias. Avant le début des élections, il s’est néanmoins montré sous un jour magnanime en amnistiant plusieurs milliers de prisonniers. Les combats ont un peu baissé en intensité ces dernières semaines. Mais le pays reste marqué par une fragilité extrême avec, selon les chiffres des Nations Unies, une population vivant dans la pauvreté de plus de 80 %.

 

 

 

N'hésitez pas à partager !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.