L’Accord Union Européenne-Turquie a 5 ans, il reste pourtant figé dans le temps

Le 18 mars 2016, les Etats membres de l’UE et la Turquie adoptaient un accord qui entrerait en vigueur deux jours plus tard. L’Europe s’engageait à hauteur de 6 milliards d’euros pour soutenir la Turquie à accueillir  3,5 millions de Syriens sur son sol. De son côté, la Turquie œuvrerait à empêcher la venue sur le continent Européen de nouvelles arrivées qui pourraient potentiellement provoquer une nouvelle « crise des réfugiés ». Mais devant les profonds désaccords entre Erdoğan et l’UE la mise en oeuvre de l’accord reste bloquée sur plusieurs points.

Si la diaspora turque constitue l’une des plus importantes sur le continent européen, 3 millions en Allemagne, entre 600 et 800.000 en France, 160.000 en Belgique, les relations entre l’UE et la Turquie n’en sont pas moins très complexes et fragiles. L’un des nombreux points de divergence entre Européens et Turcs concerne le dossier des réfugiés syriens. Les modalités de l’accord qui lie les deux partenaires restent encore très contestées et constitue un dossier brulant.  Les nœuds sont multiples et de taille. Le premier : les modalités financières. Il est prévu que  6 milliards d’euros soient alloués à la Turquie mais Erdogan exige que cette somme soit directement versée dans les caisses de l’État. L’UE refuse, préférant scinder plusieurs versements au fur et à mesure de la mise en place de projets en faveur des réfugiés. 

Pour Ankara, d’autres contreparties sont en toujours en attente de mise en oeuvre mais difficilement renégociables comme  la levée des visas Schengen pour les citoyens turcs, une renégociation des conditions  d’adhésion à l’Union européenne et la modernisation des contrats douaniers avec l’UE.

A ce jour, le deal n’a donc pas encore été pleinement respecté et la dégradation de l’État de droit dans le pays, depuis cinq ans, y est pour beaucoup. Pourtant, la Turquie a effectivement freiné les départs vers l’Europe et Erdogan attend plus d’argent.  3,6 millions de citoyens syriens sur le territoire turc pèsent très lourdement  sur les services publics turcs. Une grande partie de ces réfugiés syriens ne repartira plus ou, à tout le moins, pas avant plusieurs années vu l’étendue des destructions d’habitations provoquées par la guerre. 

Depuis 2016, outre les Syriens, transhument également par la Turquie des Afghans mais aussi des Pakistanais et d’autres nationalités. L’Europe n’ignore pas les efforts consentis par les autorités turques. Pour l’UE, trop céder dans la négociation avec un pays  qui continue de violer les droits de l’homme reste moralement et éthiquement inconcevable.

D’autre part, depuis 2016, les relations Turquie-Union Européenne  connaissent d’autres fortes tensions comme  la crise avec la Grèce en Méditerranée orientale et la poursuite d’une situation tendue à Chypre où l’île reste tiraillée entre les deux Etats. 

Les 25 et 26 mars, le Conseil européen débattra de la situation en Méditerranée orientale. Le haut représentant et la Commission devraient présenter, avant la réunion, un rapport sur les relations entre l’UE et la Turquie, à la suite des conclusions du Conseil européen de décembre 2020.

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