L’artiste Azal Belkadi a rendu hommage aux victimes des incendies en Kabylie au théâtre de l’Européen, par Catherine Belkhodja

Un hommage aux victimes des incendies en Kabylie a réuni la diaspora ce dimanche 25 septembre 2022 au théâtre de l’Européen.

Azal Belkadi accompagné par ses musiciens et sa danseuse, a également rendu un hommage vibrant à sa mère récemment décédée. Comme de nombreuses femmes kabyles perpétuant les traditions, sa mère était tisseuse et c’est sur son dos, alors qu’elle travaillait ses teintures pour la réalisation de ses tapis, que le petit Azal a été initié à la magie des couleurs.

«  je voyais naître sous mes yeux l’orange à partir du rouge et du jaune ou le vert jaillir de la marmite alors qu’on avait mis du jaune et du bleu… »

Avec ces premières expériences vécues, les couleurs secondaires n’avaient plus aucun secret pour lui !  Est-il étonnant que cet enfant se soit ensuite tourné vers une formation de peintre à l’École supérieure des Beaux-Arts d’Alger ? Diplôme en poche, il aura l’opportunité de se rendre en Italie pour parfaire ses études et se spécialiser sur la peinture de la Renaissance. Cette formation lui vaudra de vivre quelques années confortablement de sa peinture .

Après un simple stage pour se débarrasser de sa timidité , il est engagé par Ariane Mouchkine.  Néanmoins, Azal restait d’une timidité maladive et envisageait de se débarrasser de ce handicap. Qu’à cela ne tienne, il décide de s’inscrire à un cours de théâtre pour apprendre à mieux communiquer avec ses proches. Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître, car il se fait remarquer par Ariane Mouchkine qui l’engage immédiatement sur un spectacle.

Bercé par des mélodies berbères

Dès son plus jeune âge, il est bercé par les mélodies kabyles chantées par sa mère lorsqu’ elle l’allaitait. La musique n’avait plus de secrets pour lui. Il a d’ailleurs appris à jongler avec des rythmes complexes, ce qui lui permet maintenant de s’accompagner au bendir.

La pratique du chant choral lui a appris aussi à bien placer sa voix et celle-ci, chaude et puissante, lui a permis d’intégrer la troupe. Pour sa première prestation, il avait «  décroché » trois chansons.

Engagé par le Bolchoî pour le Boléro de Ravel

La rumeur de son talent se répand: Le Bolchoî le réclame. Pourtant au dernier moment, Azal impose une condition pour signer son contrat. Choqué par les décors et les costumes caricaturaux prévus pour ce spectacle, il exige qu’ils soient modifiés. La production s’arrache les cheveux, il ne reste plus qu’un mois avant la Générale ! Azal résiste et crée les nouveaux décors et costumes en une nuit. Ses sœurs se mettent à l’ouvrage et relèvent le défi, tout est livré en temps et en heure et le spectacle reçoit un franc succès. Azal Belkadi rentre dans le monde du spectacle par la grande porte. Il se produit depuis dans de nombreuses salles, alternant des lieux mythiques avec des salles associatives afin de promouvoir la culture kabyle.

Ce dimanche à la salle l’Européen, l’émotion était à son comble. Azal avait tout contrôlé pour ce spectacle exceptionnel. Une équipe de musiciens au top. A la flûte : Moussa Kaci, au synthé : Jean-Philippe Rikiel (qui accompagnait Idir), Djamel Hamiteche aux percussions, Yoko Taniguchi au violon. Des chœurs remarquables et une éblouissante danseuse : Sihem, elle aussi artiste proche du défunt Idir.

Azal nous a offert l’une de ses plus belles prestations pour un concert inoubliable.

Catherine Belkhodja

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