Le 24 avril prochain : Et si c’était elle ?

«Derrière son vernis de respectabilité, elle et son mouvement restent un danger pour la démocratie», souligne Tristan Berteloot, journaliste à Libération. Pourtant, dans moins de deux semaines, la France élira un nouveau ou une nouvelle présidente à sa tête et rien ne dit qu’elle ne sera pas la grande gagnante.

Si les sondages avancent Emmanuel Macron vainqueur le soir du 24 avril prochain, beaucoup d’observateurs et d’élus français attirent l’attention de leurs concitoyens sur le risque d’une surprise et d’une véritable douche froide. Jean François Coppé, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, affirmait hier soir encore, sur l’antenne de nos confrères de LCI qu’il ne fallait pas sous-estimer la capacité de Marine Le Pen à mobiliser avant le 24 avril prochain pour remporter les élections.

C’est dernier mois, la présidente du Rassemblement National est parvenue à adopter un discours moins orienté, plus policé pour séduire et convaincre plus largement. Si pendant des années elle n’eut que les thèmes d’immigration en bouche, frôlant la paranoïa, pour ces élections 2022, elle s’est résolue à aborder  ce qui angoisse peut-être autant, si ce n’est plus que les questions migratoires, à savoir le pouvoir d’achat des Français. L’économie mais aussi ce qui a trait directement à leur quotidien comme la santé, l’emploi, les retraites ou encore le nucléaire. Un véritable changement et un éclectisme des sujets qui ne pouvaient se concevoir sans une véritablement mue de posture par la même occasion.

La version adoucie de Marine Le Pen convaincra-t-elle le plus grand nombre au point de l’élire présidente ?

La candidate du Rassemblement national a fait un score  de 23 %, soit 8.136.369 voix.  Plus de 8.000.000 de Français qui croient donc en la force et les compétences qui dépassent pour eux ceux de ses adversaires, de gauche comme de droite. À l’issue de la proclamation des résultats dimanche dernier, elle exhorta les « Français de droite, de gauche et d’ailleurs, de toutes origines » à rejoindre son « rassemblement ». Sa maturité, son expérience de la politique, ses années de combat, où rien ne lui fut épargné, fomentent aujourd’hui en la femme une forme de sérénité, un côté apaisé qui peut tromper sur les intentions qui restent le fruit d’une idéologie d’extrême droite plus que jamais vivante dans le chef du Rassemblement National.

Si Eric Zemmour récolte un échec qu’il croyait moins sévère, il n’en reste pas moins que sa position, encore plus radicale que celle de Marine Le Pen, a placé cette dernière dans une place de l’échiquier politique qui semblait moins radicale et plus réaliste dans la manière de concevoir l’avenir de la France dans sa globalité et sur le plan de sa gestion migratoire en particulier. Il est donc, à ce stade, plus que nécessaire d’observer la méthode Le Pen qui, en dinosaure de la politique, sait qu’il vaut mieux travailler la forme pour permettre au fond de mieux s’installer dans l’esprit des gens.

Un exemple patent reste son fameux recours au référendum pour prescrire le principe de la priorité nationale. Si l’on n’y regarde de plus près, de quoi s’agit-il, si ce n’est une forme de violation de la Constitution et une attaque de l’État de droit, à l’instar, notamment, des dirigeants hongrois et polonais, selon les affirmations de plusieurs professeurs de droit public, dans une tribune au journal français « Monde ».

Il ne faut donc pas se faire d’illusions, la candidate de l’ex FN reste une acharnée de la préférence nationale en termes d’emploi, d’attribution de logements ou encore d’octroi des droits sociaux. Lors d’un sondage réalisé en janvier dernier, selon une étude Kantar pour France Info et Le Monde, l’image de Marine Le Pen s’est « adoucie » mais sa capacité à être une « bonne » présidente de la République reste faible.

 

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