Leo Zelada, l’enfant de la favela péruvienne, devenu poète et écrivain ! Par Catherine Belkhodja

Leo Zelada, Transpoetica
L’ enfant de la favela péruvienne, devenu poète et écrivain

 

 Leo Zelada présente à Paris son recueil TRANSPOETIQUE, paru chez UNICITE, accompagné dun documentaire sur son travail réalisé par Mario Leclere: TRANSPOETICA. Vivement applaudi à la Maison de lAmérique latine, il anime plusieurs récitals.

 

Élevé par sa grand-mère dans le quartier Santa Marina  du port péruvien de El Calleo , Leo Zelada rêvait depuis son plus jeune âge de devenir écrivain : «Enfant, je me souviens avoir beaucoup penséàla mort , au sommeil, à la vie sur d’autres planètes, au sens de la vie… Je me sentais vieux.

Très solitaire, il apprend à lire à cinq ans et fréquente avec assiduité les bibliothèques publiques de Lima. Il écrit son premier roman fantastique à 14 ans et sa précocité intellectuelle est confirmée par des tests d’intelligence qui lui permettraient d’intégrer une école privée spécialisée. Mais l’adolescent dissimule les résultats du test pour rester dans son quartier d’enfance de la favela, où règne la loi de la jungle : seuls les plus durs et les plus forts parviennent à se faire respecter !

À l’école secondaire Hipolito Unanue, un professeur lui fait découvrir Borges, Cervantès, Kafka, Camus, qui encouragent  son amour de la lecture.
Il se plonge alors dans les textes de ses poètes préférés: Baudelaire, Rumi, Cesar Vallejo, Eunice Odio, Saint-John Perse, Williams Carlos Williams, Octavio Paz.

Sa mère , venue d’une famille blanche créole, lui rend parfois visite. « Ma relation avec ma famille maternelle était froide, distante et conflictuelle. » Mais celle-ci lui transmet un héritage musical. «Bach, Paganini, Rachmaninoff, stimulaient mon imagination, mais dans la rue , jécoutais de la Salsa Brava : Willie Colon, Rubén Blades, Hector Lavoe ». Son père est encore plus absent: il le rencontre à 14 ans.

Cette rencontre tardive ne réparera pas les carences affectives de l’enfance, mais d’autres liens, plus littéraires, compenseront. De langue maternelle quechua  et directeur de ’Institut Supérieur de quechua au Pérou, son père lui fait découvrir la cosmogonie inca et l’invite à collaborer à l’édition d’une anthologie de poésie quechua. Le père traduit les textes en espagnol et le fils s’occupe de l’adaptation littéraire. Celui- ci choisit de publier alors sa propre poésie sous le pseudonyme littéraire de Léo Zélada.

Son père, Braulio Grajeda Challcole, fier d’appartenir à la dynastie inca,  le nomme «  Tupaj Amaru » (Sagesse resplendissante) ,

intuition prémonitoire puisque le fils fera plus tard des études de philosophie. À vingt ans, Léo Zélada intègre en effet la prestigieuse Université Nationale Supérieurs de San Marcos en classe de philosophie . «  Cest lun des jours les plus heureux de ma vie, car jai toujours été un chercheur de sagesse : connaître et trouver des réponses à mes préoccupations intellectuelles est ce qui m’a poussé à poursuivre une carrière en philosophie, même si plus tard j’ai fini par être déçu, car j’ai vu que l’érudition était plus recherchée que la connaissance ».

 Léo  Zélada fait alors un choix draconien: « Je commençais aussi ma carrière littéraire, et j’ai dû choisir entre ces deux voies. Jai choisi la littérature, même si dans ce que j’écris il y a beaucoup de ma façon de voir le monde . Il était clair pour moi que si je voulais être un grand écrivain qui entrerait dans l’histoire, je devais me consacrer totalement à la création et cela nécessitait un dévouement absolu. C’est pourquoi je me suis éloigné du monde académique de la philosophie. »

Il prend «  la poésie pour épouse »et part découvrir le monde .

Pour gagner sa vie, il n’hésite pas à pratiquer tous les métiers: « concierge, facteur, professeur et même employé dans un institut nucléaire ! … » Il sillonne l’Amérique pendant quatre ans en stop et part découvrir l’Europe . Il collabore au journal Madridpresse et anime un blog Journal du dragon qui reçoit plus de 280 millions  de visiteurs. Ses voyages lui inspireront son roman «  le dernier nomade ». Il a également publié en Espagne 6 recueils de poésie, traduits par la suite en anglais, italien, roumain, arabe, grec et  portugais.
Il ne dissimule pas le plaisir de venir présenter son œuvre à Paris : « Par son interculturalité, Paris est comme l’avenir de la nouvelle Europe métisse, dans laquelle je me sens représenté. Il y a tellement de gens et d’artistes de toute la planète, parlant dans différentes langues, que ça me fascine. Jy ai rencontré beaucoup de poètes, qui sont maintenant mes amis, comme ma nouvelle famille ».

Léo Zélada , de son vrai nom Braulio Ruben Tupaj Grajeda Fientes , réside habituellement en Espagne . Il a remporté plusieurs prix littéraires, dont le prix Poètes des autres mondes, décerné par le Fonds poétique international d’Espagne en 2016.

Catherine Belkhodja


Titres des recueils :

Delirium Tremens, Journal d’un Cyberpunk,Opuscule de Nosferatu à l’Aube , le chemin du dragon, Minimal Poetics et Transpoétique.

 

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