Mein Kampf d’Adolph Hitler, réédité en France par les Éditions Fayard

Les éditions françaises Fayard viennent de publier, le 2 juin, le livre d’Adolph Hitler, Mein Kampf. Rédigé entre 1924 et 1925, c’est pendant sa période de détention à la prison de Landsberg dans le sud-ouest de la Bavière (incarcéré après sa tentative de prise du pouvoir par la force en Bavière), qu’il y jettera ses premières idées sur « le combat » qu’il veut mener. Son ouvrage, essentiellement construit autour de sa propagande antisémite, sera la bible du régime nazi et de ses adorateurs.

Il aura donc fallu 10 ans de travail scientifique avant que les éditions Fayard éditent cette version critique de « Mein Kampf ».  Les défenseurs de l’initiative avancent la nécessité d’ un outil commenté pouvant mieux servir à la compréhension de l’idéologie nazie, quant aux détracteurs, ils regrettent un ouvrage antisémite et raciste librement accessible au public ( il est utile de rappeler néanmoins que le texte est accessible sur différentes plateformes internet en version originale ou traduite et totalement gratuite).

Le livre est construit autour de vingt-sept chapitres. Une introduction rédigée par un comité d’une douzaine d’historiens précède le texte original accompagné lui aussi de quelques 2 800 notes. C’est donc un ouvrage qui accompagne le lecteur pour mieux comprendre le contenu, le contexte tout en relevant les mensonges ou les inexactitudes que l’auteur y aura introduit.

Un pavé 1 000 pages vendu au prix de 100 euros avec une couverture neutre, un titre efficace « Historiser le mal, une édition critique de Mein Kampf » mais surtout un nombre impressionnant de notes scientifiques et critiques qui représentent deux tiers de l’ouvrage.

La Seconde Guerre mondiale, qui fera entre 50 et 70 millions de morts, y est déjà fantasmé dans cet ouvrage où son auteur, en plus d’y évoquer des parties autobiographiques,  y expose à travers de violentes imprécations, ses opinions racistes, antisémites et ultra-nationalistes.

Les éditions Fayard se défendent de tout coup médiatique.

Les éditions Fayard ne diffuseront pas le livre chez les libraires et il ne pourra être accessible que sur commande. Les 100 euros nécessaires à son acquisition ne devraient motiver qu’une certaine frange de la population plus critique que voyeuriste. Les bénéfices des ventes seront intégralement versés à la Fondation Auschwitz-Birkenau. Hélène Miard-Delacroix, germaniste et historienne française défend le projet en avançant ces termes : « À l’heure où de moins en moins de personnes parlent allemand, il est intéressant de proposer aux chercheurs, professeurs, étudiants ou simples curieux de l’Histoire une traduction fiable sur laquelle s’appuyer. » Quant au récent conflit israélo-palestinien et à la pression d’un report de la parution, Hélène Miard-Delacroix répond : Il s’agit d’un travail commencé depuis une dizaine années qui ne peut faire l’objet de reports successifs à la lumière des événements récents.(…) Mein Kampf » fait partie de notre réalité. On doit évidemment s’indigner de cette œuvre mais il faut surtout la combattre. L’appareil critique et les notes sont les meilleures armes pour déconstruire l’idéologie nazie. »  

La maison d’éditions « Nouvelles Éditions latines » qui en détient les droits depuis 1934 continue d’en vendre chaque année. L’année dernière, pas moins de 5 000 exemplaires se sont écoulés. Plusieurs associations juives regrettent la nouvelle visibilité offerte au pamphlet mais 70 ans après la mort du dictateur, le livre est depuis 5 ans tombé le domaine public et d’autres pays européens l’ont déjà publié ou comptent le faire.

 

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