Vives tensions à Liège suite l’interpellation musclée d’une citoyenne d’origine africaine

Lundi 8 mars 2021, la journée commence mal sur la Place Saint-Lambert. Une personne perd conscience en attendant une correspondance d’autobus. Une dame d’origine subsaharienne, soignante, tente de lui venir en aide. Quelques instants plus tard, cette dernière fait l’objet d’un contrôle d’identité et d’un placage au sol en bonne et due forme de la part d’un officier de police. Les circonstances sont confuses mais vont provoquer durant toute la semaine un sentiment de colère dans la population d’origine africaine et congolaise en particulier.

Vendredi 12 mars, le bourgmestre Willy Demeyer et le chef de corps de la police de Liège qui sont tous deux loins d’être des hardliners (i.e. des durs) sur les questions de diversité engagent le dialogue avec un collectif composé de la famille de la dame malmenée, d’élus locaux et de responsables associatifs. Cette réunion permet de calmer les choses. Mais pour un temps seulement.

Le lendemain, le samedi 13 mars, un rassemblement est organisé place Saint Lambert pour demander justice et plus de respect dans les méthodes d’interpellation policière. Dès 15h, la Place Saint Lambert est animée par une foule multicolore composée de badauds et de publics variés venus s’inquiéter de la prolongation des mesures de confinement contre la pandémie du COVID19. Beaucoup de jeunes et d’étudiants sont présents sur la place. Une heure plus tard, ce sont près de 200 jeunes qui arrivent sur la place pour en découdre avec les forces de l’ordre: tout d’abord au niveau de l’entrée du Boulevard de la Sauvenière, ensuite au niveau de la galerie Saint-Lambert.

Les esprits s’échauffent. Des jeunes s’en prennent violemment aux forces de l’ordre, qui ripostent. Bilan: 9 policiers blessés et hospitalisés, des commerces saccagés et une réprobation unanime de la classe politique belge. Le Bourgmestre de la ville de Liège évoquera sur les ondes des journaux télévisés la présence de casseurs non liégeois. De nombreuses femmes et hommes politiques dénonceront également les faits commis sur les réseaux sociaux avec des mots très durs (racailles, etc.). S’il y a de quoi dénoncer tous les débordements de violence, le monde politique n’est pas très enclin à rechercher la moindre explication des causes profondes de la situation. Olivier Maingain est le plus brutal à cet égard qui, anticipativement, condamne toute volonté d’explication qui ne serait qu’une manière d’excuser les faits.

En attendant, il y a fort à parier que ces faits se reproduiront selon l’adage qui veut que « Les mêmes causes produisent les mêmes effets ». Il est plus qu’urgent d’ouvrir en Belgique un grand forum « Police et Société » qui se penche à la fois sur les méthodes d’interpellation policière, la diversification du personnel et la formation policière. Des priorités qui ne semblent pas encore être bien identifiées par le nouveau gouvernement fédéral Vivaldi.

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