Enza La Paglia, coach en image « Ce n’est pas parce qu’une femme a 50 ans, qu’elle doit devenir invisible »

Enza La Paglia est une femme de son temps. La cinquantaine portée de manière lumineuse, cette Wallonne d’origine sicilienne est née à La Hestre, à quelques lieux de La Louvière, en 1967. Fille d’immigré, son papa est arrivé à 16 ans en Belgique et son grand-père maternel, quant à lui, avait déjà gagné les mines de charbonnages wallonnes dès 1947.

 

divercite.be l’a rencontrée pour évoquer avec nous son projet « Fifty et les filles » ou comment retrouver style et assurance après 50 ans.

 

divercite.be : Enza La Paglia, vous êtes aujourd’hui coach en image et vous conseillez des femmes de plus de 40 ans, voire 50 ans,  sur la beauté et le style, mais vous aviez une autre vie avant cela ?

Enza La Paglia :Oui, c’est vrai, j’ai fait des études de langues en traduction et interprétation à l’université de Mons. J’ai obtenu mon diplôme en 1991. J’ai étudié l’anglais, l’italien, l’espagnol. Je n’avais malheureusement pas le néerlandais dans ma combinaison linguistique alors, je suis allée enseigner en France, notamment dans une école de commerce. J’ai fait cela pendant 2 ou 3 ans puis je me suis retrouvée en attente d’un contrat et comme j’étais en rupture sentimentale, il fallait que je m’occupe et voilà comment je suis devenue directrice d’un home de personnes âgées, entreprise familiale fondée par mon père. J’y suis restée 27 ans.

La beauté et la mode se sont rappelées à vous à ce moment-là ?

Enza La Paglia :Mon rêve a toujours été de travailler dans la mode. J’ai eu la chance d’avoir un grand-père toujours très élégant et qui était tailleur. Ma grand-mère était très élégante aussi. Ils n’avaient pas un rond, mais ils étaient toujours tirés à 4 épingles. À l’époque, ils n’avaient qu’une paire de chaussures, mais il fallait qu’elle brille et ma grand-mère cousait aussi à ses heures perdues. Il avait toujours des bouts de tissu qui traînaient chez eux. Moi, j’avais des barbies, mais pas pour jouer au papa et à la maman, mais pour leur composer des looks.

J’avais aussi à la maison des catalogues Unigro, qui n’existent plus maintenant, et on pouvait acheter plein de choses par correspondance et moi je rêvais sur les tenues vestimentaires des enfants, des dames…

C’est donc une vocation présente depuis très longtemps ?

Enza La Paglia : Je crois que oui !

Quelle est votre activité aujourd’hui, comme la définissez-vous ?

Enza La Paglia : Je fais du coaching en image et en maquillage, mais je suis également personal Shopper. L’idée m’est venue pendant le confinement. J’étais très occupée avec ma maman qui était malade. Nous faisions des aller-retour à l’hôpital. J’étais encore directrice de home pour personnes âgées et nous avions cette pression sur nous quant au Covid 19 et à la façon de gérer cela pour nos résidents. La seule chose qui me faisait du bien en rentrant chez moi le soir, c’était de regarder des vidéos de transformation, de maquillage, etc. J’aime beaucoup le concept de transformation et ce que j’adorais regarder c’était ces émissions où la transformation redonnait la pêche et le sourire à des gens qui, pour certains, étaient vraiment au fond du gouffre et le fait de se retrouver jolie dans un miroir, ça peut être une étincelle.

Pensez-vous qu’aujourd’hui certaines femmes ne se connaissent pas suffisamment pour aller chercher ce qui pourrait leur convenir ?

Enza La Paglia : Oui, non seulement ne se connaissent pas suffisamment, mais ne prennent pas assez le temps de découvrir qui elles sont. Ça peut paraître superficiel, mais c’est tout le contraire. Ma démarche part d’une envie de mettre le paraître au service de l’être. Nombreuses femmes, et je le sais parce que je suis aussi dans cette tranche d’âge, à partir de 40 ou 45 ans, ne se reconnaissent plus. Les enfants commencent à quitter le nid, on se sépare de son compagnon, parce qu’effectivement, les enfants partis, on se dit qu’on n’a plus rien à se dire. Et là, les femmes se disent : « Je vais enfin prendre soin de moi ». Puis, on se regarde dans le miroir et on se demande où est passée la femme de 25 ans ?

Qu’est-ce qui ne fonctionne plus ?

Enza La Paglia : Le maquillage ne marche plus, le look vestimentaire non plus. En tous les cas, pas comme quand on avait 25 ans et on réalise qu’il y a quelque chose qui cloche, mais on n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Plus on essaye de se trouver un style et plus on se trouve déguisé.

Est-ce à la portée de tout le monde ou faut-il avoir un revenu confortable pour être belle et stylée ?

Enza La Paglia : On commet souvent l’erreur de croire qu’il faut, pour pouvoir être bien habillé et bien maquillé, avoir un gros budget. Moi je peux assurer, mais aussi parce que j’ai grandi avec un grand-père qui n’avait pas beaucoup d’argent, mais qui avait un savoir-faire et beaucoup d’imagination, qu’on a parfois juste besoin d’être guidé. La classe, ça ne s’achète pas. Ce n’est pas parce qu’une personne va avoir des vêtements très chers et de très belle qualité que cela fera d’elle une personne avec du style. Une femme peut avoir le tailleur le plus cher au monde et de la meilleure qualité au monde, si elle n’est pas coiffée, maquillée en portant les bons accessoires, ça ne rendra absolument pas.

Si on n’a donc pas le style inné, vous aidez à le trouver ?

Enza La Paglia : J’applique ce qu’on appelle un test de style. On choisit à chaque fois, sans réfléchir, l’image qui nous plaît le plus dans tout ce qui est proposé. À l’issue de ce test, je détermine le style. Nous avons toujours deux  styles, un qui est le style avec lequel probablement on a toujours vécu et l’autre qui est le style qui est sous-jacent, qu’on aimerait adopter, mais qu’on n’ose pas. Mon job est de pousser le curseur. Si dans les réponses au test, je constate qu’il y a un petit côté artistique qui n’est pas assez développé, je peux à ce moment-là dire : voilà votre style caché », mais cela peut aussi être le style romantique ou le style rock and roll, etc. Je propose alors que nous y allions parce que c’est cela qu’elle veut, mais elle ne le sait pas encore.

Pouvez-vous nous parler un peu de « Fifty et les filles » ?

Enza La Paglia : Je suis une ancienne fumeuse et j’avais une peau très problématique. Je me tartinais de fonds de teint et j’ai testé des centaines de fonds de teint et de produits  pour avoir une plus belle peau. Surtout en étant plus jeune , et comme je voyageais beaucoup, j’avais du temps à tuer dans les aéroports, aussi j’allais me faire maquiller. En vieillissant, je me suis rendu compte que les maquillages qu’on me faisait, dans des endroits où on est censé maquiller très bien parce que ce sont des professionnels, n’étaient plus adaptés à ma peau et à mon âge. C’était trop chargé, car les textures ne rendaient plus à cause des rides, des creux ou encore des cernes. Notre visage commence à changer et ne correspond plus à un maquillage qu’on appliquait quand on avait 20 ans ou 30 ans. Par contre, il y a encore tout un cheminement à faire dans la tête des marques de cosmétiques, les gens qui sont à la tête des entreprises sont en train de le comprendre. En Belgique et en France pas encore. Par contre, dans les pays anglo-saxons, ils ont déjà compris.

Votre clientèle commence à partir de 40 ans ?

Enza La Paglia : Oui c’est vrai, mais j’aide aussi des plus jeunes si elles me le demandent. J’ai conseillé récemment une jeune femme de 32 ans qui venait d’ accoucher, par exemple. Je peux, bien sûr, aussi conseiller des hommes, mais j’ai décidé de me spécialiser dans la femme de plus de 40 ans parce que je trouve que c’est là où on ne peut plus faire ce qu’on faisait à 30 ans, surtout au niveau du maquillage. Certaines femmes se plaignent et ne se trouvent pas belles, elles n’aiment plus leur image dans le miroir, mais ça ne tient parfois à rien. Je dis toujours : «  si tu n’as pas changé de coiffure depuis 10 ans ou de façon de te maquiller depuis 10 ans, commences par là, tu vas te trouver jolie. » Il y a aussi un moment où, étant donné que nos traits vont vers le bas et que notre visage devient triangulaire vers le bas, il faut penser à raccourcir la longueur des cheveux. La coiffure peut parfois tout changer.

« jusqu’à 40 ans, 45 ans, nous montons le chemin de la vie et après, on le redescend »

La ménopause joue un rôle important ?

Enza La Paglia : Effectivement, il y a des changements qui s’opèrent en nous. Il y a parfois de gros points d’interrogation. « Qu’est-ce que je vais faire ? Ça ne me va plus, je n’ai pas forcément grossi, ce pantalon, ce n’est plus moi… » Il y a aussi des choses qu’on ne supporte plus comme les tailles basses ou les vêtements qui boudinent ou qui grattent. Après 40 ans, et surtout après 50 ans, 9 femmes sur 10 qui viennent vers moi c’est parce qu’elles ont pris du poids.

J’ai aussi était frappée par les filles sur Instagram quand j’allais voir des inspirations de tenues vestimentaires, les influenceuses de plus de 50 ans en général, ce sont des filles qui ont des physiques d’anciens mannequins dans lesquels je ne me reconnaissais absolument pas parce que je mesure 1m58. J’ai été assez fine pendant longtemps, mais avec l’arrêt de la cigarette, j’avais pris pas mal de kilos et un jour je me suis dit : « tu as deux solutions ou tu continues à manger, et cela va faire boule de neige, ou tu te trouves jolie dans tes vêtements et trouves le courage d’enclencher la marche arrière ».

Depuis combien de temps existe Fifity et les filles ?

Enza La Paglia : Depuis début juillet et notre objectif est que les femmes de plus de 40 ans et surtout de plus de 50 ans comprennent qu’elles ont une place à part entière dans le secteur de la mode et dans le secteur de la beauté. Que ce n’est pas parce qu’on a 50 ans que l’on doit devenir invisible. La femme de 50 ans aujourd’hui, si elle n’a pas un physique d’ancien mannequin, elle reste invisible.

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